Les records féminins du 100 miles et de l'ultra

Dernière mise à jour Écrit par Running Club

Records féminins du 100 miles et de l'ultra-distance avec détentrices et contextes. Palmarès actuel et performances marquantes sur la très longue distance.

Coureuse ultra en course sur un sentier de montagne technique lors d'une épreuve de 100 miles

En 2023, Courtney Dauwalter a bouclé le Western States 100 en 15 heures 29 minutes et 34 secondes, effaçant d'un coup plusieurs années de référence sur l'épreuve de trail la plus emblématique du monde. Cette performance illustre l'essor fulgurant des femmes sur les distances ultra, où la résistance à la fatigue et la gestion de l'effort sur de nombreuses heures constituent des atouts décisifs. Les records féminins sur 100 miles et au-delà repoussent aujourd'hui les limites de ce que le corps humain peut endurer au fil de dizaines d'heures de course continue.

Le 100 miles, soit environ 161 kilomètres, représente l'une des distances les plus exigeantes du calendrier ultra, déclinée sur route goudronnée ou sur des sentiers à fort dénivelé. Cet article aborde le record du monde homologué sur 100 miles sur route, les performances marquantes sur les grandes épreuves trail, les records sur 24 heures et 6 jours, ainsi que les figures féminines qui ont façonné l'histoire de l'ultra-distance.

La distance de 100 miles : un défi hors norme

Un 100 miles correspond exactement à 160,934 kilomètres, soit environ 3,8 fois la longueur d'un marathon classique. La distance d'un marathon, fixée à 42,195 km, sert souvent de référence pour mesurer ce fossé entre le format olympique et l'ultra. Courir une telle distance implique des heures de course continue, souvent entrecoupées de montées et descentes techniques sur les épreuves trail.

Les formats ultra-distance se déclinent selon plusieurs critères, notamment la nature du terrain, le dénivelé cumulé et les conditions climatiques. Les distances officielles en course à pied suivent une nomenclature précise, mais les 100 miles restent une catégorie à part, sans équivalent sur les circuits olympiques. La durée d'effort dépasse fréquemment 24 heures pour les coureurs de milieu de peloton, et reste au-delà de 12 heures même pour les meilleures athlètes mondiales.

L'International Association of Ultrarunners (IAU) reconnaît et homologue les records mondiaux sur plusieurs distances ultra, dont les 100 miles sur route et sur piste. Ces homologations nécessitent un parcours certifié, des contrôles antidopage et une organisation répondant à des critères stricts. C'est dans ce cadre que s'inscrivent les records officiels féminins les plus significatifs.

Le record du monde féminin sur 100 miles sur route

Le record du monde féminin sur 100 miles sur route figure parmi les performances les plus impressionnantes de l'athlétisme d'endurance. Contrairement aux records de marathon ou de semi-marathon, ces marques évoluent sur des épreuves moins médiatisées, souvent organisées aux États-Unis ou en Europe du Nord.

Le record IAU homologué

L'Américaine Camille Herron détient le record du monde IAU sur 100 miles sur route, établi en 2017 lors du Tunnel Hill 100 dans l'Illinois, avec un temps de 12 heures 41 minutes et 11 secondes. Cette performance a été homologuée par l'IAU et reste à ce jour une référence absolue sur cette distance. Herron, spécialiste reconnue des très longues distances, a combiné une allure régulière et une stratégie nutritionnelle millimétrée pour produire cette course exceptionnelle. Le tableau ci-dessous résume les principales caractéristiques du record du monde féminin sur 100 miles sur route.

AthlèteNationalitéTempsÉpreuveAnnée
Camille HerronÉtats-Unis12h41'11"Tunnel Hill 1002017

Performances toutes surfaces confondues

Sur piste, les records sont généralement un peu plus rapides qu'en nature, grâce à l'absence de dénivelé et à la logistique simplifiée du ravitaillement. Camille Herron a également établi plusieurs records du monde sur piste, notamment sur 24 heures et 48 heures, confirmant sa domination sur les distances ultra chronométrées. Ces performances se situent dans un registre radicalement différent de du record du monde marathon, qui permet de mesurer l'écart de vitesse moyenne entre disciplines, l'ultra imposant un rythme beaucoup plus conservateur sur la durée.

Les performances féminines sur 100 miles s'améliorent régulièrement grâce à une professionnalisation croissante, à l'amélioration de la préparation physique et des stratégies nutritionnelles. Le niveau actuel dépasse largement ce que les pionnières des années 1980 auraient pu imaginer. Cette progression témoigne d'une discipline en pleine maturation, portée par une communauté de pratiquantes de plus en plus nombreuse et structurée.

Les records sur les grandes épreuves trail

Sur le terrain du trail, les 100 miles se déroulent dans des conditions radicalement différentes : sentiers techniques, dénivelé cumulé de plusieurs milliers de mètres, altitude et météo changeante. Les records de parcours, appelés course records, ne sont pas homologués par l'IAU mais représentent les références les plus suivies dans la communauté ultra-trail mondiale.

Western States 100 et Hardrock 100

Le Western States Endurance Run, créé en 1977 en Californie, est considéré comme le 100 miles trail le plus prestigieux au monde. Courtney Dauwalter y a signé en 2023 le record féminin du parcours en 15 heures 29 minutes et 34 secondes, abaissant la marque précédente de plusieurs dizaines de minutes. Cette performance sur un tracé de 160 km avec 5 500 mètres de dénivelé positif, dans des températures pouvant dépasser 38 °C, est reconnue comme l'une des plus abouties de l'histoire de l'ultra féminin.

Le Hardrock 100, disputé dans les San Juan Mountains du Colorado, constitue un défi encore plus extrême avec son dénivelé total colossal et son altitude moyenne dépassant les 3 500 mètres. Courtney Dauwalter y a également battu le record féminin du parcours en 2023, devenant ainsi la première athlète à détenir simultanément les records des deux épreuves lors de la même saison. Sa double performance a profondément marqué l'histoire de l'ultra trail féminin.

UTMB et courses européennes

L'Ultra-Trail du Mont-Blanc (UTMB), organisé chaque été autour du massif alpin, couvre environ 171 kilomètres avec 10 000 mètres de dénivelé positif, ce qui le place techniquement au-delà des 100 miles. Courtney Dauwalter s'y est imposée en 2023 en 22 heures 30 minutes et 54 secondes, effaçant le record féminin de l'épreuve. L'UTMB reste la course ultra-trail la plus médiatisée en Europe, avec une forte représentation féminine dans les catégories élite.

D'autres épreuves européennes de format similaire, comme la Lavaredo Ultra Trail en Italie ou la TDS dans le cadre de la semaine UTMB, attirent également des athlètes de haut niveau. Les records féminins sur ces parcours évoluent régulièrement au fil des éditions. Se préparer à de tels défis nécessite une planification sur plusieurs mois ; un plan d'entraînement ultra-trail structuré constitue la base indispensable pour aborder ces épreuves dans les meilleures conditions.

Les records ultra-distance au-delà des 100 miles

L'ultra-distance ne se limite pas aux 100 miles. Des formats chronométrés sur 24 heures, 48 heures ou 6 jours permettent aux athlètes de repousser les limites absolues de l'endurance humaine, la distance parcourue servant alors d'étalon de performance plutôt qu'une distance fixée à l'avance.

Record sur 24 heures

Le record du monde féminin sur 24 heures appartient également à Camille Herron, qui a parcouru 270,116 kilomètres lors du Desert Solstice Track Invitational en 2019 à Phoenix. Cette performance équivaut à maintenir une allure inférieure à 5 minutes 20 secondes au kilomètre pendant une journée entière. Il s'agit d'un exploit de gestion mentale autant que physique, la fatigue sensorielle et les baisses d'énergie devenant les principaux obstacles après 12 à 15 heures de course.

Le record sur 24 heures en France fait l'objet d'une compétition soutenue, notamment lors des championnats nationaux organisés sous l'égide de la Fédération Française d'Athlétisme (FFA). Karine Herry figure parmi les grandes spécialistes françaises de l'ultra-distance chronométrée, avec plusieurs titres nationaux et européens à son palmarès sur 24 heures. Ces épreuves nationales constituent un échelon essentiel vers les scènes européenne et mondiale.

Record sur 6 jours et au-delà

Les courses de 6 jours représentent l'un des formats les plus anciens de l'ultra-distance, remontant aux épreuves pédestres du XIXe siècle. La Néo-Zélandaise Sandra Barwick a établi en 1990 à Campbelltown, en Australie, un record féminin sur 6 jours dépassant les 880 km, une marque qui a résisté plusieurs décennies. L'IAU n'homologuant pas systématiquement toutes les épreuves de ce format, la comparaison entre les performances de différentes époques demande une lecture prudente des sources.

Note rédaction : les records sur 6 jours et au-delà restent moins documentés que ceux sur 100 miles ou 24 heures. Pour les performances les plus récentes dans cette catégorie, il est conseillé de consulter directement les bases de données officielles de l'IAU ou des fédérations nationales.

Figures emblématiques du 100 miles féminin

L'histoire du 100 miles féminin s'est construite autour de quelques personnalités qui ont redéfini les limites de la discipline génération après génération. Chacune a apporté un style et une approche différents, contribuant à l'élévation générale du niveau mondial.

Ann Trason a dominé l'ultra-trail féminin des années 1980 aux années 2000, remportant à quatorze reprises le Western States 100 et établissant des records qui ont résisté pendant plus de vingt ans. Son emprise sur la discipline reste inégalée sur une telle durée. À titre de comparaison, les records du semi-marathon ont évolué bien plus vite grâce à une organisation internationale plus dense et à l'essor des chaussures à plaque carbone.

Courtney Dauwalter s'est imposée comme la figure dominante de la décennie 2020 sur 100 miles trail, avec une approche mentale hors normes et une capacité à accélérer en fin de course, même après 20 heures d'effort. Jasmin Paris, coureuse britannique, a quant à elle marqué l'histoire en 2024 en devenant la première personne à terminer les Barkley Marathons dans le temps imparti depuis la création de l'épreuve. La liste ci-dessous regroupe les 4 athlètes féminines les plus marquantes de l'histoire de l'ultra 100 miles.

  • Ann Trason : Américaine pionnière, 14 victoires au Western States 100, icône de la discipline des années 1980-2000, dont les records ont résisté plus de deux décennies.
  • Camille Herron : Détentrice du record du monde IAU sur 100 miles sur route, multiple recordwoman du monde sur 24 heures et 48 heures, figure dominante de l'ultra sur route.
  • Courtney Dauwalter : Dominante sur la période 2020-2023, records simultanés Western States et Hardrock en 2023, victoire record à l'UTMB, approche mentale saluée par toute la communauté ultra.
  • Jasmin Paris : Britannique spécialiste des formats extrêmes, première femme à terminer les Barkley Marathons en 2024, performance considérée comme l'une des plus grandes de l'histoire de l'ultra-distance.

Le contexte des parcours : pourquoi les temps varient

Comparer les records féminins sur 100 miles sans prendre en compte le contexte des parcours serait trompeur. Un chrono de 13 heures sur une route plate n'a rien de comparable avec 16 heures sur un sentier alpin à 3 000 mètres d'altitude. Plusieurs facteurs déterminent la vitesse atteignable sur chaque épreuve.

Le dénivelé cumulé constitue le paramètre le plus différenciant entre les épreuves. Tandis que le Tunnel Hill 100 présente un profil quasi plat sur une ancienne voie ferrée, le Hardrock 100 accumule environ 10 000 mètres de dénivelé positif dans des conditions d'altitude extrêmes. Ce rapport au terrain explique pourquoi il n'existe pas de record universel unique mais une multitude de références propres à chaque parcours.

Les conditions climatiques jouent également un rôle central, notamment sur les épreuves américaines de montagne disputées en été. La chaleur du jour au Western States, les orages de l'après-midi au Hardrock ou le froid nocturne sur l'UTMB sont des variables que les athlètes d'élite intègrent dans leur stratégie de course. Ces contraintes environnementales font partie intégrante de l'identité de chaque épreuve et rendent les records d'autant plus significatifs.

La nature du revêtement influence enfin la biomécanique de la foulée et le profil de fatigue musculaire. Sur route, la répétitivité des impacts favorise les blessures de surcharge, mais permet une allure plus régulière. Sur sentier, la diversité des appuis sollicite davantage la proprioception et les muscles stabilisateurs, ce qui explique pourquoi une spécialiste de route comme Camille Herron et une spécialiste trail comme Courtney Dauwalter affichent des profils de performance si distincts, chacune excellant sur son terrain de prédilection.

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