Les records du monde du marathon (homme et femme)

Dernière mise à jour Écrit par Running Club

Records du monde du marathon chez les hommes et les femmes, des records historiques aux performances actuelles. Contexte, détenteurs et tentatives sub-2h.

Coureurs d'élite franchissant la ligne d'arrivée d'un marathon international, chronomètre affichant un temps de record

Le 8 octobre 2023, le Kényan Kelvin Kiptum franchit la ligne d'arrivée du marathon de Chicago en 2 h 00 min 35 s, portant le record du monde masculin à seulement 35 secondes de la barrière symbolique des deux heures. Cette allure de 2 min 51 s par kilomètre, maintenue sur la totalité des 42,195 km, correspond à une vitesse moyenne de 21 km/h. Le 13 octobre 2024, sur le même circuit plat de Chicago, la Kényane Ruth Chepngetich efface le record mondial féminin avec un temps de 2 h 09 min 56 s.

Ces deux performances, signées à un an d'intervalle sur le même parcours américain, illustrent l'accélération spectaculaire des limites humaines sur la distance reine de l'athlétisme. Cet article couvre les records actuels masculin et féminin, l'évolution des meilleures marques depuis les premières grandes performances homologuées, les tentatives non officielles sub-2h, les critères d'homologation de World Athletics, ainsi que les meilleurs temps sur le marathon de Paris.

Le record du monde masculin actuel

Le record du monde du marathon masculin appartient au Kényan Kelvin Kiptum, établi le 8 octobre 2023 lors du marathon de Chicago en 2 h 00 min 35 s. Cette performance améliore de 34 secondes le précédent record d'Eliud Kipchoge, réalisé à Berlin en 2018 en 2 h 01 min 39 s, lors seulement du troisième marathon en carrière de Kiptum à l'âge de 23 ans.

L'allure de ce record s'établit à environ 2 min 51 s par kilomètre sur l'intégralité du parcours, soit une vitesse moyenne de 21 km/h. Kelvin Kiptum est décédé en février 2024 dans un accident de la route au Kenya, laissant son record en vigueur. Aucun athlète n'a depuis approché ce chrono en compétition officielle homologuée.

Le record du monde féminin actuel

La Kényane Ruth Chepngetich détient le record du monde féminin depuis le 13 octobre 2024, établi à Chicago en 2 h 09 min 56 s. Ce temps améliore de près de deux minutes le record précédent de l'Éthiopienne Tigist Assefa (2 h 11 min 53 s, Berlin 2023), lui-même établi moins d'un an plus tôt. L'allure correspondante est d'environ 3 min 05 s par kilomètre, à une vitesse moyenne de 19,5 km/h.

En cinq ans, le record féminin a progressé de plus de quatre minutes. La Kényane Brigid Kosgei avait mis fin en 2019 au règne de seize ans de la Britannique Paula Radcliffe (2 h 15 min 25 s, Londres 2003), en courant 2 h 14 min 04 s à Chicago. Cette accélération s'explique notamment par les progrès des chaussures à plaque carbone, la professionnalisation de l'athlétisme féminin africain et des stratégies de course plus offensives.

Repère : l'écart actuel entre le record masculin (2 h 00 min 35 s) et le record féminin (2 h 09 min 56 s) est de 9 minutes et 21 secondes. Cet écart se réduit progressivement depuis les années 1980, signe d'une convergence des niveaux de performance entre hommes et femmes sur la distance.

L'évolution historique des records

Les records du marathon ont progressé de façon continue depuis la standardisation de la distance à 42,195 km par l'IAAF en 1921. Les premières décennies sont dominées par des athlètes européens et nord-américains, avant que les coureurs kényans et éthiopiens ne transforment profondément le niveau mondial à partir des années 1990.

Les grandes étapes masculines

Le premier grand cap de l'ère moderne est le franchissement de la barrière des 2 h 10 min par l'Australien Derek Clayton à Anvers en 1969, avec un temps de 2 h 08 min 33 s. Ce record reste la référence pendant plus d'une décennie, avant que l'avènement des athlètes africains et la modernisation des méthodes d'entraînement ne relancent la progression. La liste ci-dessous regroupe les 5 franchissements de seuils les plus marquants dans l'histoire du record masculin du marathon.

  • Sous les 2 h 10 min, Derek Clayton (Anvers, 1969) : premier passage officiel sous cette barrière en 2 h 08 min 33 s, référence mondiale pendant plus de dix ans.
  • Sous les 2 h 05 min, Paul Tergat (Berlin, 2003) : le Kényan court 2 h 04 min 55 s, premier homme à franchir la barre des 2 h 05 min sur parcours homologué.
  • Sous les 2 h 04 min, Haile Gebrselassie (Berlin, 2008) : l'Éthiopien signe 2 h 03 min 59 s, premier passage sous les 2 h 04 min.
  • Sous les 2 h 03 min, Dennis Kimetto (Berlin, 2014) : avec 2 h 02 min 57 s, Kimetto abaisse encore le plancher et devient le premier homme sous les 2 h 03 min.
  • Sous les 2 h 02 min, Eliud Kipchoge (Berlin, 2018) : le Kényan court 2 h 01 min 39 s, premier franchissement de la barrière des 2 h 02 min, record en vigueur jusqu'en 2023.

Les grandes étapes féminines

Les femmes ont longtemps été exclues des marathons officiels. La Norvégienne Grete Waitz pose les premiers jalons en courant 2 h 27 min 33 s à New York en 1978, performance qu'elle améliore elle-même à cinq reprises jusqu'en 1983. La Britannique Paula Radcliffe établit ensuite une marque durable de 2 h 15 min 25 s à Londres en 2003, record mondial qui tiendra seize ans avant d'être brisé. Le tableau ci-dessous résume les records du monde féminins les plus significatifs de ces cinq dernières décennies.

Athlète Nationalité Course Année Temps
Grete WaitzNorvègeNew York19782 h 27 min 33 s
Joan BenoitÉtats-UnisBoston19832 h 22 min 43 s
Paula RadcliffeGrande-BretagneLondres20032 h 15 min 25 s
Brigid KosgeiKenyaChicago20192 h 14 min 04 s
Tigist AssefaÉthiopieBerlin20232 h 11 min 53 s
Ruth ChepngetichKenyaChicago20242 h 09 min 56 s

Les tentatives sub-2h

Dès la fin des années 2010, la barrière des deux heures est devenue pour le marathon ce que le mile en moins de 4 minutes représentait pour l'athlétisme sur piste avant que Roger Bannister ne le fracasse en 1954. Deux projets à grand budget ont tenté de démontrer la faisabilité physiologique de cet exploit, en dehors du cadre des compétitions officielles homologuées.

Breaking2 de Nike (2017)

Le 6 mai 2017, Nike organise le projet Breaking2 sur le circuit de Formule 1 de Monza, en Italie. Eliud Kipchoge court avec Lelisa Desisa et Zersenay Tadese, encadré par des paceurs se relayant en formation en V et guidé par une voiture équipée d'un faisceau lumineux au sol. Kipchoge boucle la distance en 2 h 00 min 25 s, sous la barrière symbolique.

La performance n'est pas homologable par World Athletics : circuit fermé non certifié pour les records, pacing artificiel organisé, absence d'une compétition ouverte à d'autres athlètes. Ce chrono reste une démonstration de faisabilité en conditions contrôlées, sans valeur officielle au regard des règles internationales.

L'INEOS 1:59 Challenge (2019)

Le 12 octobre 2019, dans le parc du Prater à Vienne, Eliud Kipchoge réalise 1 h 59 min 40 s dans le cadre de l'INEOS 1:59 Challenge. Entouré de 41 paceurs se relayant en groupes, le Kényan devient le premier être humain à couvrir la distance officielle du marathon en moins de deux heures. La performance est saluée dans le monde entier comme un exploit physiologique historique.

World Athletics ne l'homologue pas pour les mêmes raisons fondamentales que Breaking2 : parcours privé non ouvert à la compétition, dispositif de pacing artificiel organisé, et conditions non conformes aux règles d'homologation. Cet exploit reste une démonstration scientifique et sportive majeure, sans valeur au registre des records officiels. La Barkley, considérée comme la course la plus difficile au monde, illustre à l'opposé comment d'autres formes d'extrême sportif poussent les limites humaines dans des formats radicalement différents.

Les conditions d'homologation World Athletics

World Athletics, l'instance internationale de l'athlétisme (anciennement IAAF), définit des critères stricts pour qu'une performance sur marathon soit reconnue comme record du monde. Ces exigences visent à garantir la comparabilité des performances entre elles, quel que soit le lieu ou la date de la compétition.

La première exigence porte sur le parcours : il doit être mesuré et certifié par un mesureur officiel accrédité par World Athletics, avec une longueur exactement égale à 42,195 km. Le dénivelé négatif net ne peut pas dépasser 1 m par kilomètre, soit un maximum de 42,195 m de descente nette sur l'intégralité du tracé. Cette règle explique pourquoi des courses comme le marathon de Boston, dont le parcours descend globalement de façon significative, ne peuvent pas produire de records du monde officiels. Les records du semi-marathon sont soumis aux mêmes critères de World Athletics, appliqués à la distance de 21,0975 km.

Le règlement précise également les conditions d'organisation de la compétition elle-même. La liste ci-dessous regroupe les 4 conditions principales d'homologation d'un record du monde de marathon par World Athletics.

  • Parcours certifié et conforme : mesuré par un juge accrédité World Athletics, avec un dénivelé négatif net de 1 m/km maximum et une distance point-à-point en ligne droite inférieure à 50 % de la longueur totale du parcours.
  • Compétition officielle ouverte : la performance doit être réalisée dans le cadre d'une épreuve ouverte à d'autres athlètes, avec chronométrage homologué et présence de juges officiels accrédités.
  • Contrôle antidopage conforme : l'athlète doit avoir été soumis à un contrôle hors compétition dans les douze mois précédant la performance, et un contrôle en compétition est obligatoire immédiatement après la course.
  • Dossier d'homologation déposé : le club ou la fédération nationale doit soumettre à World Athletics la demande officielle dans les délais réglementaires, accompagnée de l'ensemble des justificatifs requis, y compris les résultats des contrôles antidopage.

Les meilleurs temps sur le marathon de Paris

Le marathon de Paris bénéficie du Label Platine de World Athletics, la distinction la plus haute accordée aux épreuves sur route. Ce statut garantit un niveau d'organisation certifié par l'instance mondiale et attire régulièrement des élites internationaux africains et européens, qui l'utilisent comme objectif de performance au printemps.

Le parcours parisien, qui part des Champs-Élysées et traverse plusieurs arrondissements, présente un profil légèrement plus vallonné que les circuits de Berlin ou de Chicago. Les éditions récentes ont affiché des performances masculines sous les 2 h 04 min, certaines approchant le seuil des 2 h 03 min côté hommes. Pour consulter les classements officiels et les temps certifiés de toutes les catégories, les résultats de course à pied sont accessibles en ligne dès la fin de l'épreuve.

Le marathon de Paris ne fait pas partie des six Abbott World Marathon Majors (Tokyo, Boston, Londres, Berlin, Chicago, New York), mais son Label Platine lui confère une légitimité sportive équivalente pour l'homologation des performances. Les élites féminines ont également produit des chronos inférieurs à 2 h 16 min sur les éditions récentes. L'allure des finishers amateurs parisiens tourne en moyenne autour de 5 min 30 s par kilomètre, soit presque le double de l'allure du record du monde.

Le marathon de Paris s'inscrit dans un calendrier printanier qui attire des coureurs de toutes les distances. Les coureurs en progression vers le marathon passent souvent par le semi-marathon comme étape intermédiaire : le calendrier des semi-marathons en France recense les épreuves disponibles tout au long de l'année. Le 10 km en course à pied reste la distance la plus couramment utilisée pour évaluer son niveau et calibrer ses allures avant de viser les distances marathon ou semi-marathon.

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