Ne jamais renoncer : l'incroyable histoire de cette marathonienne aux JO de 1984

Ne jamais renoncer : l'incroyable histoire de cette marathonienne aux JO de 1984

La suissesse Gabriela Andersen-Schiess a marqué l'histoire des Jeux Olympiques, et plus particulièrement celle du marathon. Voici son récit.

(Vous trouverez en fin d'article son interview en anglais.)

5 août 1984 à Los Angeles

Pour la première fois aux Jeux Olympiques, le marathon est ouvert aux femmes.

« Courir le 1er marathon ouvert aux femmes aux Jeux Olympiques était quelque chose de vraiment particulier. Nous avons eu une cérémonie avec les drapeaux, et nous voulions démontrer au CIO que c’était la bonne décision de permettre aux femmes de courir cette distance : aucune étude scientifique ne prouvait contredire cela. »

Départ à 8h00 le 5 août 1984

« Le 1er semi-marathon s’est passé comme je le souhaitais. Je connaissais mes limites, je les ai respectées. »

« Ce que je craignais par-dessus tout, c’était la chaleur et l’humidité. »

32°C à Los Angeles et peu de ravitaillements

Il faisait 32°C ce jour-là à Los Angeles. A cette époque, les coureuses n’avaient le droit de s’hydrater que sur les 4/5 arrêts prévus par l’organisation.

« Vous essayez de ne pas y penser et de rester concentrée sur la course. »

« A partir du 32ème km j’ai vraiment commencé à ressentir la chaleur. Mais on se dit : il ne reste plus que 10 km, j’ai fait le plus dur, je vais y arriver. »

L'arrivée de la déshydratation

« Je pense que sans m’en rendre compte, j’ai raté le dernier ravitaillement en eau. »

« Pendant les 2 derniers kilomètres, je me souviens avoir réalisé que je devais ralentir. »

« J’étais déshydratée. Ma tête et tout le reste fonctionnaient. Je savais où je devais aller mais j’étais déshydratée et j’avais des crampes. »

L'enfer tant attendu : le stade

« Il faisait encore plus chaud dans le stade, je me répétais : continue à courir, ne tombe pas. Mais mes muscles ne répondaient plus. »

« Je savais que si je m’arrêtais ou si je m’asseyais, c’était fini. Tout ce que je voulais c’était franchir la ligne d’arrivée. »

« J’avais déjà 39 ans et je savais que c’était ma seule et dernière chance de participer aux Jeux Olympiques. »

« Sur une autre course, un autre marathon, je me serais certainement arrêtée. »

Des conditions d'arrivée extraordinaires

« Les encouragements dans le stade étaient tellement incroyables : il y avait tellement de bruit. Je ne m’y attendais pas et ça a dû me pousser. »

« Un médecin me suivait sur le côté de la piste et me regardait attentivement. Il y a eu beaucoup de critiques dans la presse : « elle aurait dû arrêter ». Le médecin a précisé que tant que je savais ce que je faisais et que je continuais à transpirer c’était ok. »

« Vous savez ces défaillances ne sont pas si rares sur les courses longues-distances. »

« Je l'ai fait. »

« J’étais tellement soulagée quand j’ai passé la ligne d’arrivée. A ce moment je me moquais de mon état physique : je l’avais fait. Après 2h dans la tente médicale, j’allais mieux. »  

« Ce qui m’a le plus surpris est toute la compassion et les différentes réactions du public. J’étais gênée car je n’avais pas réussie ma course et je ne pensais pas mériter toute cette attention. Je me sentais coupable, mais tous les athlètes m’ont tellement soutenu après cette course, je crois que c’est mon meilleur souvenir, cette solidarité entre coureurs. »

« Je me rends compte maintenant que si vous conditionnez votre esprit pour obtenir quelque chose, vous pouvez surmonter tous les obstacles. »

NE RENONCEZ JAMAIS.

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