La chaussure qui court trop vite ?

La chaussure qui court trop vite ?

Depuis quelques mois, une pluie de nouveaux records s’abat sur la planète running.

Marathon en moins de 2h, record du monde sur marathon, record du monde du 10 km route … Lors de ces records, plusieurs athlètes étaient équipés des nouvelles chaussures Vaporfly de la fameuse marque à la virgule.

La chaussure intrigue de plus en plus, à tel point que même l’IAFF a ouvert une enquête sur le sujet. Alors, peut-on parler de dopage technologique ?

De multiples chrono réalisés en Nike

Il y a quelques semaines, lors du INEOS Challenge, le Kenyan Eliud Kipchoge devenait le premier homme du monde à courir un marathon en moins de deux heures. Le lendemain, à Chicago, Brigid Kosgei, une compatriote, améliorait de 1’20’’ le record féminin sur marathon.

Le week-end dernier, l’Ougandais Joshua Cheptegei battait le record du monde des 10 km sur route.

Leur point en commun ? Ils étaient tous équipés des chaussures Nike Vaporfly.

La chaussure intrigue et déchaîne donc de plus en plus les passions."Lorsqu’une chaussure contient de multiples couches de carbone dans sa semelle, ce n’est plus une chaussure de course. C’est un ressort ! Selon moi cela donne aux propriétaires de Vaporfly un avantage injuste par rapport aux autres coureurs" affirmait Ryan Hall, recordman des États Unis du semi-marathon. Plusieurs athlètes se sont exprimés à ce sujet à la suite du challenge INEOS, dont notamment Hassan Chahdi (athlète Adidas).

La gamme Vaporfly étant sortie en 2016, le débat n’est pas récent. Toutefois, depuis le record de Kipchoge, les questions s’intensifient. Beaucoup en appellent au dopage technologique. 

Les Vaporfly : des chaussures magiques ?

Depuis 2016, la marque à la virgule a investi 1,5 milliards de dollars en recherche et développement, soit trois fois plus que son concurrent Adidas. L’objectif recherché du produit étant de réduire au maximum la perte d’énergie du coureur lors des appuis au sol. Selon l’entreprise, cela représenterait un gain énergétique de 1 à 5 %.

Le modèle sorti par Nike diffère des chaussures conventionnelles en 3 points.

Dans un premier temps, une plaque en fibre de carbone a été insérée sur tout la longueur de la semelle. Elle permet ainsi de rigidifier l’articulation du pied et diminue le travail de la cheville.

Ensuite, c’est un matériau différent qui a été utilisé pour la semelle intermédiaire (normalement en EVA). Plus avantageux, il permet sans poids supplémentaire, d’améliorer l’amortissement et d’augmenter la longueur effective de la jambe du coureur.

Enfin, la semelle est également plus épaisse. Elle restituerait ainsi 87 % de l’énergie emmagasinée lors de sa compression, contre 76 % pour le modèle Adios Boost d’Adidas en TPU, et 66 % pour le Zoom Streak de Nike en EVA.

D’après, Kyele Barnes, chercheur à la Grand Valley State University, les chaussures permettrait ainsi un rendement supérieur de 4,2% par rapport aux autres modèles de chaussures.

Selon le physiologiste du sport sud-africain Ross Tucker, un gain de 1 % pourrait faire progresser de 0,65 à 0,7 % la performance chronométrique d’un très bon marathonien.

Ces gains énergétiques permettraient à beaucoup d’athlètes d’améliorer leur temps et par la même occasion les records du monde.

L’IAAF aux aguets

Après la course de Vienne, un groupe d’athlètes professionnels a déposé une plainte formelle auprès de l’IAAF, estimant que la chaussure Nike fournit un avantage « inéquitable ».

Depuis le 17 octobre, l’IAAF a donc lancé une enquête pour dopage technologique sur le modèle de chaussure. Toutefois, la fédération ayant approuvé le modèle en mai 2018, cela laisse supposer que l’enquête pourrait aboutir à la définition d’une norme pour les chaussures de course longues (ou à une interdiction ?)

Il faudra donc à l’IAAF définir des règles claires, qui permettent néanmoins de continuer à encourager le développement technologique des équipementiers. La fédération a donc gros à jouer avec cette enquête.

Cela pourrait être une affaire similaire aux combinaisons de natation en polyuréthane, avec lesquelles plusieurs records du monde avaient été battus en 2008, et qui avaient été interdites en 2010.

 

Sources : https://www.ouest-france.fr/sport/running/marathon/marathon-en-moins-de-2-heures-peut-parler-de-dopage-technologique-6629539 / https://www.runpack.fr/2277-nike-zoomx-vaporfly-enquete-pour-dopage-technologique-par-liaaf

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