Le Trail d'Eze

Le Trail d'Eze

Trail d’Eze, dimanche 17 février 2019

Après l’Urban trail de Cannes en janvier, place au premier vrai trail de l’année avec l’épreuve qui se déroule autour du village d’Eze, dans les Alpes-Maritimes. C’est un petit village perché sur un promontoire rocheux sur la Moyenne Corniche dominant la mer.

Le lieu de départ et d’arrivée est par contre situé sur la grande corniche au niveau de l’Oppidum, vestige des romains.

Le parcours qui nous concerne propose une boucle de 19 km autour d’Eze qui fait monter à près de 700 mètres d’altitude, redescendre au niveau de la mer et remonter à plus de 500 mètres pour un dénivelé total de 1000 mètres.

Je me rends sur place avec Fred qui est mon coach et qui participe également à cette course. La météo est très bonne : ciel bleu, grand soleil avec le fond de l’air bien frais à l’ombre (il y a même quelques traces de givre par endroit).

Après un petit échauffement d’une quinzaine de minutes, nous allons nous placer sur la ligne de départ. Après le briefing de l’organisateur, c’est parti !

Fidèle à ma tactique, je m’élance dans les premières positions pour atteindre la route que nous suivrons sur environ 1 km à très vive allure. Je me trouve dans les 20 premiers et je vois filer le groupe devant avec mon copain Fred alors que je cours à plus de 13 km/h.

Arrivé au Col d’Eze, après une petite descente à l’ombre au frais, j’attaque l’ascension vers le parc départemental de la Grande Corniche. Je suis bien placé, dans les 30 premiers à vue de nez, mais je n’ai pas les sensations des grands jours, je vais voir si elles reviennent un peu plus loin.

Arrivé au sommet, à 700 m d’altitude après seulement 3 km de course (200 m de D+ de faits), la vue est magnifique entre la mer d’un côté et les montagnes de l’autre. Je continue ensuite sur plus de 5 km sur les crêtes en passant par un ancien chemin militaire près du Fort de la Revère. C’est une partie roulante par endroit sur une piste assez large avec des portions en montées parfois difficiles avec des appuis fuyants sur des petits graviers ronds. Après une belle portion de descente sur piste, le chemin continue en direction de la Turbie. Il est à l’ombre et très glissant sur la terre tassée et sur les rochers calcaires lisses, malgré mes Brooks Cascadia avec leurs crampons neufs, je glisse à plusieurs reprises.

Une montée dans la garrigue m’emmène au Sommet de la Forna d’où je domine le village de la Turbie et la côte italienne.   

C’est ensuite une longue descente vers le village d’Eze. J’arrive sur la route, puis à l’entrée du village avec de nombreux spectateurs et des touristes. Je poursuis la ruelle montante avec un autre coureur jusqu’à ce que je ne vois plus de balise, c’est l’angoisse, je me suis trompé de chemin, j’ai raté la bifurcation. Je prends des escaliers et redescends quelques dizaines de mètres pour retrouver le bon sentier. Ce n’est pas très glorieux, le speaker, ce matin, nous avait dit que personne ne pouvait se perdre tellement il y avait d’indications…

C’est le fameux sentier de Nietzsche. C’est bien le philosophe dont on parle, il avait une maison en contrebas d’Eze et empruntait ce sentier régulièrement. Mais je n’ai pas le temps de philosopher car ce sont 2 km de petits lacets étroits, de marches en pierres très hautes, un véritable enfer pour les muscles et les articulations ; il faut être prudent également à cause des nombreuses personnes qui empruntent ce sentier en montant et ne sont pas forcément au courant qu’il y a une course.

Plus bas, un passage est particulièrement déplaisant, il s’agit d’une descente sur route goudronnée avec un pourcentage terrifiant ! J’essaye de me relâcher et d’aller vite mais chaque foulée heurte le sol avec violence et j’ai l’impression que tout mon corps vibre ! Les muscles amortissent mais à quel prix ?

Enfin c’est l’arrivée au bord de la mer, la traversée de la route puis de la voie ferrée sur un pont avec des escaliers (pourquoi s’en priver…). Puis 1 km à parcourir sur la plage dans les galets plus ou moins gros. Aucune stabilité, des appuis fuyants, c’est assez difficile malgré le paysage idyllique qui nous entoure, l’eau limpide à portée de main…

La remontée est encore plus terrible que la descente, d’abord une petite route où je peux courir et doubler quelques personnes puis des sentiers bétonnés et quasiment verticaux ! Même la marche y est difficile ! Après quelques lacets plus gérables, j’atteins la Moyenne Corniche qui ramène vers Eze-village.

Juste avant d’arriver, je bifurque à gauche et démarre un sentier monotrace qui remonte vers le sommet du Mont Bastide (565m). Cette portion de montée est chronométrée comme un KV. Une course dans la course.

Malheureusement, encore une fois, les organisateurs ont fait partir les concurrents du 10km après nous et sur un parcours qui les conduit en même temps que nous dans cette portion entièrement en single !

Pourquoi faire ça ? A quoi bon gagner durement quelques secondes pour ensuite en perdre beaucoup en étant bloqué bêtement derrière un groupe de personnes qui marchent !

Si quelques coureurs ou coureuses comprennent bien le problème et s’écartent spontanément, la majorité ne bouge pas même lorsque je me signale. J’essaye de gagner du temps et de courir quand je peux mais comble de malchance, plus haut, c’est tout un groupe de randonneurs italiens avec des bâtons qui cette fois encombre le chemin.

Enfin j’arrive à m’extirper de ce bouchon et j’atteins le sommet du Mont Bastide. Pas le temps de savourer la vue, j’attaque la descente le plus vite possible mais elle n’est pas facile à négocier avec des rochers lisses et glissants et des cailloux.

A moins de 500 m de l’arrivée, en voulant doubler un concurrent, je passe sur le côté, je glisse sur un rocher plat et tombe lourdement sur les fesses. Je me relève rapidement sans dommage et j’accélère le plus possible pour terminer cette course.   

Lorsque je passe la ligne, mon chrono indique 2 heures 18 mn. J’espérais faire un peu moins cependant ce temps me convient compte-tenu de mes péripéties et de ma forme du jour.

Je retrouve mon ami Fred pour partager le repas offert (une simple barquette de pâtes en fait) en compagnie de quelques autres coureurs.

Les résultats sont très vite affichés, je me classe 32ème au général et 6ème de ma catégorie master 2 et sur la montée chronométrée je me place en 66ieme position sur 500.

Ces résultats ne sont pas si mauvais finalement et la matinée se termine bien avec la 6ème place de mon camarade et une place sur le podium de sa catégorie.

C’est un trail magnifique à faire par beau temps car les paysages sont somptueux mais très éprouvant pour le corps. J’ai mis quelques jours pour récupérer et ne plus avoir mal aux jambes…

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(Ça ne vous fera pas courir plus vite mais ça pourra faire des heureux -euses !)

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