SaintéLyon 2018 - 65ème Edition

SaintéLyon 2018 - 65ème Edition

Ma deuxième Saintélyon consécutive et mon premier vrai Ultra Trail

Pour cette 65ème éditions il s’agit de 81 kms pour 2250D+ et 2600D-.

La météo ne s’annonce vraiment pas terrible avec de la pluie, une première pour moi de nuit , on va se marrer ... ou pas .

Pour rigoler un peu justement, et oui c'est ça aussi l'esprit Trail, je demande à ma fille de faire un truc drôle avec ma barbe, la barbe de Noel !

Je pars de Lyon en train, les navettes bus au départ du hall Tony Garnier sont plus chers que le TGV... Là y a truc que je comprend pas surtout que seul les participants de la solo 81 kms payent le transport... Là encore je ne comprends pas. Bref, en TGV et 55 minutes plus tard j’arrive à Saint-Etienne avec quelques bonnes rencontres pendant le trajet .

Sur place je retrouve l’ami Vincent (Milkil) qui m’attend, ça fait plaisir de pouvoir papoter jusqu’au départ. 

Installé tranquillement dans le gymnase qui s’est pour l’occasion transformé en camp (de réfugiés ou post catastrophe), j’adore cette ambiance c’est énorme.

On se repose et discute puis arrive le moment de se préparer, je m’équipe et là je m’aperçois que j ai oublié mon bonnet et mon buff... La pression monte, ce n’est pas grand chose mais c’est déstabilisant. J’essaye de rester calme de toute façon je pars en short alors je peux bien partir sans bonnet. 

Finalement Vincent me prête gentiment le sien, ouf c’est pas mal car même si la température est correcte pour le moment sur les crêtes en pleine nuit cela risque de se compliquer.

Je vais me placer dans les vagues de départ en retrouvant deux copines, j’ai perdu Vincent entre temps mais je ne suis pas inquiet on se verra à l’arrivée. De toute façon j’ai l’habitude de courir seul et je pensais bien faire la course comme d’habitude.

Le départ est donné en plusieurs vagues espacées de 15 minutes, pas de Sas en fonction des temps espérés. La pluie commence à tomber heureusement il ne fait pas froid surtout au sein du peloton ça réchauffe.

L’ambiance est excellente, mais on ressent une certaine tension, normal même si on est là pour prendre plaisir cela reste une course ! Dommage le son des enceintes est vraiment désagréable. 

Les élites partent en première vague évidemment, à 23h30 et moi je serais en troisième vague pour un départ à minuit .

C’est parti et franchement ça fait du bien l’attente est longue et pesante dans le sas.

Les premières enjambées font du bien, sourire aux lèvres avec tout ce public c’est magnifique et cette année je trouve que ça part à une allure tout à fait correcte.

Les premières petites côtes arrivent rapidement cela réchauffe vite c’est parfait car la pluie commence à rafraîchir la température.

J’ai trouvé mon rythme, je marche rapidement seulement sur les parties les plus pentues et je relance bien dans les descentes ou sur le plat. Les flaques d’eau commencent à grossir et la boue se fait bien présente avec les concurrents déjà passés. Le premier ravito arrive je passe rapidement juste pour remplir mes flasques, il y a beaucoup de monde et je ne veux pas me refroidir. 

Peu avant le second ravito du 32ème kms, je me tord une cheville déjà problématique depuis plusieurs semaines, la boue complique les appuis .

Je remplis une nouvelle fois mes flasques, attrape une pâte de fruit et je repars mais rapidement je sens que la cheville a enflé. Je fais ma course et j’essaye de faire abstraction, je remonte pas mal de concurrents surtout dans les descentes, il y a des pierres, de la boue, j’adore. 

Le vent est bien présent sur les hauteurs et avec la pluie il faut vraiment courir pour ne pas avoir froid, mais ça passe même en short.

J'ai un bon équipement une veste bien étanche, chaussettes et gants étanches c’est le top.

La fatigue commence à se faire sentir et les chutes n’arrêtent pas autour de moi avec ces sentiers hypers piégeux, boueux à souhait, les pierres et maintenant les nappes de brouillard super épais. Deux fois j’ai failli manquer le balisage tellement on y voyait rien, même pas le concurrent de devant, c’est un comble sur cette course avec autant de monde.

Je relève un gars qui chute lourdement devant moi je reste une petite minute avec lui pour checker si tout va bien et je repars avec lui.

Il accuse le coup et court lentement alors je pars, surtout que ça descend et je ne veux pas prendre un faux rythme. 

Le troisième ravito arrive enfin ça fait du bien, je prends plus de temps pour manger un peu, dix bonnes minutes mais je commence à avoir froid, j ai bien un teeshirt long et sec dans mon sac mais pas le courage de me changer dehors sous cette pluie . Je repars et essaye de courir un maximum pour me réchauffer, il devrait faire plus chaud quand le jour va arriver.

Ma cheville à présent m’empêche de me lâcher dans les descentes à chaque appuis elle se tord à cause de l’inflammation je serre les dents mais une magistrale chute arrive vers le 60eme kms. Ça cogne fort mais je ne cherche pas, à ce stade de la course le cerveau est débranché je me relève direct avec l’aide d’un gars et je repars. Je vérifie en continuant de courir que tout va bien et ça a l’air d’aller .

Le jour s’est maintenant levé et la pluie commence à s’estomper .

Il fait plus doux ça fait un bien fou.

L’ avant dernier ravito, j’aperçois un ami qui attend sa femme, quel bonheur ce genre de petite chose ça booste c'est dingue. Il regarde mes jambes curieusement et me dit : wahou. Je baisse le regard et en effet entre le passage dans des ronces qui m’ont lacéré le haut de la cuisse et ma chute qui m’a finalement ouvert le côté du genou tout ça recouvert de boue, le décor est joli.

Une petite photo et je repars assez vite j’ai peur que si je traîne trop les muscles se tétanisent et les douleurs augmentent.

Je suis refais avec ce ravito et la joie de voir mon pote un rapide coup d’œil à ma montre, je cours depuis 3kms à 11km/h oula là on se calme.

Et à partir de ce moment là et pour les 15 derniers kilomètres c'est plus compliqué, ma foulée se dégrade mais heureusement sur le bitume ma cheville ne vrille plus et c'est déjà pas mal.

Malgré le profil descendant de cette dernière partie j’alterne un peu plus souvent avec de la marche mais je vais aller au bout .

Dernier ravito je bois juste un verre à la volé et je repars j'ai hâte de terminer on a assez rigolé.

L’ambiance est de plus en plus forte et ça porte énormément pour ces derniers kilomètres tout comme les petits messages que j ai reçu tout le long de cette nuit c'est vraiment important .

Quelques difficultés tout de même sur cette dernière partie notamment cette pente à quasi 20% proche de l’aqueduc avant d’arriver sur Lyon.

Je sens que la course est gagnée et l’émotion monte, les derniers escaliers puis l’arrivée au loin encore 2kms .

Je m’accroche et je passe la ligne comme au départ sourire aux lèvres ! Quel soulagement ça a été vraiment dur, j éteins ma montre et je vois 10h54, je suis super content.

Ma famille est là c’est extra, avec mes enfants et ma femme qui plus tôt dans la nuit a bouclé la Saintésprint 22kms.

Je termine 1212 sur 5200 participant, il y aura eu près de 2000 abandons . 

Place à la récupération, mais avant tout une bonne bière entre amis.

Cette Saintélyon édition spéciale 65 ans avec ces 81kms aura vraiment été spéciale par la difficulté et cette pluie mais quelle course extra !

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(Ça ne vous fera pas courir plus vite mais ça pourra faire des heureux -euses !)

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