Diagonale des fous : j’ai survécu - partie 3

Diagonale des fous : j’ai survécu - partie 3

J’ai l’impression d’avoir à peine fermé les yeux quand mon téléphone sonne...

Du coup je remets une autre session de 15 min, mais contrairement au premier impossible pour moi de m’endormir je suis juste allongé là avec mon corps qui tire de partout, plutôt qu’attendre, je décide de me relancer, il me faut bien 5 bonnes minutes pour me lever et quand enfin je réussi, les courbatures m’empêchent de marcher, que dire de courir.

La descente n’aide pas car la reprise est encore plus difficile et les ampoules me lancent à chaque pas.

Après 200 m de souffrance enfin ça commence à remonter, le parcours est très étroit et très dangereux avec une fois de plus des cordes pour se tenir. Au fur et à mesure que j’avance je sens ce vide autour de moi et quand je regarde je vois juste des lumières au loin très, très loin…

Bien que technique et dangereuse, cette montée me permet quand même de me relancer et les courbatures ne me font plus aussi mal, seules les ampoules se font ressentir parfois.

Km 95, je pensais ne jamais atteindre ce ravitaillement, ma montre indique déjà plus de 100 km j’en profite pour déposer un recommandé aux toilettes, et après avoir demandé des nouvelles de mes amis coureurs je repars avec comme précédemment des courbatures.

Il n’y a pas beaucoup de distance entre ce point et le suivant mais c’est tellement dangereux qu’on a droit à un pointage et une grosse base vie.

J’en profite donc pour bien m’alimenter, alors que je me prépare à repartir, je vois Laurent qui se réveille de sa sieste sur le coup je suis choqué, vu que je ne me souviens pas l’avoir vu me doubler et que la dernière fois où je l’avais vu c’était à Cilaos.

Il me dit qu’il était fatigué et qu’il en avait profité pour se reposer un peu. Je lui dis à plus tard et me relance sur le parcours.

A peine partis me voilà déjà en train de pester contre la carte, en effet elle annonçait une descente il n’en est rien on se tape 500M de D+ sur 3 km ça pique tellement que les courbatures ne se font plus ressentir la difficulté est vraiment extrême, Laurent me reprend d’ailleurs à ce niveau j’en profite pour m’accrocher vu qu’il grimpe très bien. La sieste lui a été bénéfique.

Puis une fois en haut on redescend et là une fois de plus c’est une descente de malade entre les grosses marches, les endroits mouillés, les rivières, je pensais avoir tout vu en première partie mais plus on avance et plus c’est dur. Le gros point positif c’est qu’on est un groupe assez homogène sur cette descente et qu’on ne perd pas trop de temps.

Le soleil commence à peine à se lever quand on arrive sur la rivière de Gallet, quand je pense que je me voyais déjà 10 km plus loin j’étais vraiment trop naïf et présomptueux.

Beaucoup s’arrête pour des photos, certains même se mouillent dans le lac, d’autres font une sieste moi je veux avancer et donc je trace car je sais que la montée sera longue. Cet endroit donne l’impression qu’on est au fond du trou et quand on regarde le dénivelé on peut presque dire que c’est le cas. 

Je sais qu’elle sera longue mais aussi piquante je ne pensais pas : des pentes de 8% à plus de 20%.

J’hallucine et transpire j’ai même l’impression de prendre une douche tellement je suis trempé. Laurent lui, avance tel un chamois et très vite je ne distingue même plus sa tenue.

Il ne fait pas froid pas chaud non plus, juste la bonne température mais ça demande tellement d’effort que je dégouline.

Après 500 M je suis déjà au bout de ma vie mais reste partagé entre la beauté de ce que je vois et la dureté de la grimpette.

Grand schtroumf c’est encore loin… Voilà ce que je demandais, on nous avait annoncé 400M de D+ mais non c’était beaucoup plus, mon moral prend un bon coup quand on m’annonce que le ravitaillement se trouve loin dans les maisonnettes et qu’en plus au lieu de s’en approcher on s’en éloigne.

Le seul point positif reste une fois de plus la vue que je prends à plusieurs reprises en photos.

Enfin j’arrive à ce fameux village perdu au milieu de nulle part, pas de voiture, pas de route, que des sentiers et parfois un hélicoptère qui fait des vas et vient, que c’est agréable cette sensation d’être au milieu de nulle part, bien que ce fut dur d’y accéder je ne regrette pas vu qu’ici c’est paisible. Je comprends mieux pourquoi ils disent que si on se blesse à cet endroit il ne se déplace pas pour nous récupérer c’est complètement inaccessible.

Alors que j’entre dans ce ravito, Laurent est sur le point de repartir, il était déjà là depuis un bon quart d’heure.

Cette longue grimpette m a éprouvé, j’enlève donc mes chaussures pour souffler en espérant que les ampoules cesseront de me lancer, sur le coup j’oublie que j’avais de la pommade anti frottement.

Cette pause assis ne m’est pas vraiment bénéfique, les courbatures sont à nouveau là et presque plus moyen pour les enlever, je finis donc de remplir mes gourdes et je repars.

Ce qui m’attendait était sûrement la plus grosse difficulté du parcours. Sur 6km 1000 m de dénivelés autant dire de l’escalade.

A ma sortie de ce ravito l’ambiance est bonne, la joie est là mais plus j’avance (difficilement) et plus je souffre ! C’est un chemin de croix entre les gros rochers où l’utilisation des mains est plus que nécessaire, quand enfin les courbatures sont passées je peux forcer l’allure mais rien de bien magnifique vu comme ça grimpe.

Les kilomètres défilent, on a le droit à des crachats de pluie. Je reste impressionné par le nombre de touristes qui sont là en mode ballade alors que pour moi ça parait insurmontable, eux sont là pépères en sortie dominicale.

Notre seul repère : des inscriptions sur des rochers pour nous donner notre avancer.

A chaque fois que je demande on me dit tu vois là-bas au niveau des flans, c’est là -bas que se trouve la sortie j’ai beau dire oui mais je ne vois rien. Et je ne parle même pas d’annonce chrono genre il reste 3 quarts d’heure, il reste une heure et mieux quand vous entendrez la musique c’est que vous y serez presque.

Si je devais dire quelque chose de bien, je dirais que sur cette montée, j’étais encore plus au bout de ma vie qu’avant les autres : les passages étroits, les passages abruptes.

Parfois ça descend légèrement pour remonter et piquer derrière.

 

Après une très longue et lente ascension j’en vois enfin le bout. Là des personnes, une 50ène, sont là à supporter, crier ton prénom, qui résonne au sommet du Maido comme un vainqueur d’une course.

 

 

Une fois là je suis tellement heureux que je me dis que c’est bon on est au ravito, je mange comme un sac, et repart. Mais même pas, on m’annonce au ravitaillement que dans 4 km ce sera vallonné et les ampoules referont surface.

 

Impossible de relancer sans pousser un petit cri de douleur c’est après d’innombrables cries qu’enfin j’arrive au ravitaillement.

Je suis très fatigué mais refuse de dormir pour manger, je prends un bon plat de purée. Moi qui ne voulais pas m’assoir je suis obligé de me résigner et me pose un moment sachant que j’allais de toute façon le regretter quand je me relèverais.

Et c’est ce qu’il se passe, une bénévole me tire pour m’aider à me relever, la douleur est telle que je me pose des questions sur le comment je vais bien pouvoir finir la course je suis à 112 km. Il me reste plus grand-chose à faire, moins de 60 kms.

En ressortant de ce ravitaillement les douleurs sont de plus en plus vivaces. J’ai du mal à repartir, le parcours est vallonné mais après 20 minutes d’intenses souffrances je me relance et ceux qui m’avaient doublé sont assez vite derrière sur les premiers kms. Assez vite les douleurs se dissipent et je me retrouve à courir au taquet derrière un monsieur de 90 kg ou plus et en claquette débardeur.

 

Il double, je le redouble, il lance, je relance... Une vraie lutte mais quel pied je prends, le terrain est vallonné avec une végétation très importante je prends clairement mon pied et m’accroche à ce monsieur, ça me motive je m’amuse comme un fou et en rigole même.

Après 3 bon kms, comme ça, il s’arrête pour je ne sais quelle raison. Je le remercie et continue ma route là c’est une dame qui était aussi du coin qui me double à tombeau ouvert.

Je m’accroche donc à elle et nous filons. Ainsi les kms s’égrènent très rapidement et je ne compte plus le nombre de personnes que je reprends au bout de 8 km à un rythme effréné. Je suis obligé de ralentir, une pierre me gêne dans ma chaussure, du coup je boitille.

Là un concurrent me dit ça ne va pas ? Je lui réponds « j’ai une pierre dans la chaussure ça me soule » et à ça il me répond tout logiquement « bien enlève la ». !!!.

C’est comme si j’avais découvert un truc c’est tellement con que je me pose des questions sur le fait que je n’y ai pas pensé moi-même avant.

Je m’assois donc sur le côté, je déchausse, j'enlève les pierres et repars, très vite je suis à nouveau en vitesse de croisière.

Après avoir remercié la personne qui m’a conseillé je continue ma descente à fond les manettes, le temps est magnifique. Et bien que concentré sur le parcours je regarde aussi autour de moi pour voir les différentes zones où l’on passe.

Tellement différent qu’à la fin on est de nouveau sur une zone où il y a des pierres en quinconce et de la boue, c’est désagréable et constitue un vrai coupe jambes.

J’avance mais plus aussi bien. Le sourire a de nouveau laissé place aux douloureuses ampoules qui sont là pour me rappeler que le trail est dur.

Ma montre indique déjà 13 km mais je ne suis toujours pas arrivé à la base de vie "Sans soucis" ! Ca a le don de m’énerver en plus de la douleur et les kms que l’on m’annonce encore plus quand je demande s’il reste beaucoup pour le ravitaillement.

Un moment j’ai demandé pour une énième fois aux supporters combien de km et là ils me disent 2kms. Sur le coup j’en ai eu marre et me suis mis à bouder et bien dit mon mécontentement >> à bien y penser il n’y était pour rien et ne pourrait peut- être jamais m’excuser pour mon mauvais comportement mais sûrement le trop plein qui m’a fait divaguer et être aussi négatif.

2 kms plus tard, j’étais belle et bien au ravitaillement après 39h35min de course, une éternité mais déjà heureux d’y être.

En regardant ma montre je me rends compte que l’objectif de moins de 50 heures reste possible pour cela il me suffira de faire les 40 kms en moins de 10h30 

Je me dépêche d’aller prendre ma douche, endroit où je retrouve Laurent qui était presque sur le départ.

A l’ouverture de mon sac une forte odeur d’ail vient carrément me fouetter le nez, et là je me rends compte que la charcuterie avait tourné mais en plus que tous mes vêtements en était bien imprégné.

C’est donc avec les nerfs, après une douche froide, que je me dépêche de me changer, je sentais la saucisse à l’ail « degueu » puis direction massage et traitement des ampoules.

Après un rapide passage pour manger je suis donc reparti à l’assaut et surtout à la recherche du chrono sub 50h.

En partant de "Sans soucis" on subit une chaleur de fous 33 degrés, je dégouline de sueur, la sortie du village pas très dure mais on arrive sur des rochers et les fameuses courbatures sont toujours là comme à la suite de chaque arrêt.

Après une petite descente on se retrouve sur un sentier le long d’un fleuve, c’est un endroit frustrant vu qu’il est possible de courir sans risque mais les jambes ne veulent pas et cette chaleur n’aide pas.

Après être passé sur des galets on remonte en même temps que la chaleur.

Après ce passage on reprend la montée, la chaleur ne nous assommes pas et on voit Laurent victime d’une insolation, complètement dans le gaz. Je m’étonne de le voir, j’ai vu qu’il était parti il y a un bon moment.

Il est vraiment dans le dur mais sur le coup s’accroche et se relance. Nous faisons donc un bout de chemin ensemble.

Plus loin je suis complétement vidé, cette chaleur me scotche au sol. L’air est sec et les passages sur le goudron n’aident pas car ça renvoie de la chaleur de tous les côtés, du coup en regardant ma montre je fais un calcul et me dit nan les 50 h ne passerons pas et décide donc de partager mon sentiment. Alors qu’un spectateur me partage sa boisson.

Après une très longue montée de 2 km Laurent n’en peut plus et obligé de s’arrêter je continue donc et le laisse se reposer.

Il s’arrête donc proche d’un des nombreux ravitaillements sauvages fait par les généreux habitants de l’ile.

Le passage est couvert du coup on ressent un peu moins la chaleur. Par contre ça monte toujours aussi sévère, nous passons par plusieurs champs de cannes à sucre avant enfin de nous retrouver à un pointage.

Moi qui pensais être à ce maudit point de ravitaillement de l’école mais non cela veut dire que l’une des grosses difficultés du parcours est encore devant moi.

S’en suit une descente dans la jungle où je vais de liane en liane pour avancer, la zone est tellement escarpée et dangereuse que les secouristes préféraient remonter plutôt que descendre avec un blessé.

Que ce fût long et dur mais enfin j’arrive au ravitaillement juste avant la grosse montée, pour ne plus avoir de courbature je décide de ne plus m’assoir et de remplir ma gourde et poche à eau debout. C’est la misère, je galère et à la fin me retrouve quand même assis pour finir ! Pire, la boisson à base de jus de raisin a tourné elle est imbuvable. Tant bien que mal je me relève et me prépare à repartir, pour me motiver je vais mettre de la musique.

Mais nan j’ai tout déposé lors de mon passage éclair à sans soucis, pareil pour la spartéine : il me reste que deux cachets.

C’est limite bredouille, pas de Mp3, pas de boisson, juste de l’eau et je repars au ralenti. Seule consolation pour moi le ravito sale spécial Alsace.

Avec ces douleurs qui m’empêchent de courir et ces ampoules qui me chauffent les pieds chaque pas. Pire, après 100 m, je me retrouve à nouveau sur une descente très technique que je prends un temps fou à réaliser tellement les pieds sont douloureux.

Après avoir lutté, sué, injurié j’y suis enfin en bas mais la remontée qui m’attend n’est pas plus agréable du 10 %.

C’est la fin de la zone difficile, on est au sommet d’une montagne avec une belle vue, l’espace je me suis dis je prends une photo mais la crainte d’avoir des courbatures m’en empêche,

Je repars sur la descente qui m’amène à la dernière longue montée.  Je me retrouve à chanter seul dans la montagne (je me demande pourquoi il n’a pas plu à ce moment).

C’est une portion assez facile mais j’ai tellement souffert pour y arriver que pas moyen d’aller vite, je suis en mode marche rapide et la nuit tombe, je ne reprends plus grand monde c’est même l’inverse parfois je reviens au niveau de personnes qui boitillent plus amochées que moi mais elles ne sont pas nombreuses. Cette longue montée se finit par une descente bien technique .et très longue. En plus des courbatures je dois faire avec les ampoules qui m’empêchent de poser les pieds et une fois de plus ma montre m'indique plus de 10 km de différence je n’ai aucun repère fiable, je cours à l’aveuglette et je n’aime pas ça.

Alors qu’on m’annonce une fois de plus un km erroné pour le ravitaillement Laurent revient à mon niveau il a pu récupérer et s’est refait une santé. A son tour donc d’avancer à toute allure.

Je n’essaie même pas de l’accrocher car je suis clairement dans le dur j’attends juste de m’arrêter à l’école, lieu du prochain ravito pour dormir.

Km 143, classé 1357ème en 46h44min et 49 secondes je dois me rendre à l’évidence les 50h ce n’est pas pour aujourd’hui je ne suis que l’ombre de moi-même, besoin de dormir, besoin de me faire masser, besoin de manger, c’est une course de fous.

Je me dirige dans un premier temps là où se trouve les lits puis demande les masseurs s’ils peuvent faire quelque chose à ça on me répond « il faut venir ici enlevez vos chaussettes », rien que l’idée de me lever de mon lit me bloque je ne pourrais pas, je me couche donc et mets mon réveil pour une petite sieste.

Au réveil je suis complétement assommé, j’intercepte une kiné qui regarde mon pied et mets de la pommade et de la pommade anti-frottement, j’en profite pour changer les chaussettes par des séches que j’avais dans mon sac. A ce moment je m’en veux de ne pas avoir fait ça avant. Après avoir bien pris mon temps pour manger je suis reparti à l’assaut des 20 derniers kms.

A la sortie de ce village je n’arrive pas vraiment à courir mais le repos m’a fait du bien, j’avance, le temps est bon, dans l’air on sent une petite odeur de la mer ça sent bon les vacances.

C’est au top jusqu’au moment où on passe devant ce fameux panneau sentier des anglais.

Mais bordel on leur a fait quoi aux anglais pour qu’ils nous foutent un tel sentier des pavés partout. Ca grimpe de 300M comme la course, on a l’impression que c’est interminable, c’est hallucinant car ça ne s’arrête pas et on pense avoir fait le plus dur mais au loin les lumières des frontales t’indiquent que non, t’as encore bien à galérer.

4h c’est le temps qu’il m’aura fallu avec la pause comprise pour faire 8 malheureux kms pour vous donner une idée de la difficulté ou de mon état de forme à ce moment.

Je ne m’attarde pas au dernier ravito, il me reste que 13 malheureux kms, je les fais et c’est fini.

Mais comme je suis naïf, la sortie du village me montre quoi : oui c’est la diagonale et non ce n’est pas fini. A ce stade, chaque difficulté, aussi petite soit elle, est inhumaine pour moi, comme le sentier des anglais. On commence par une zone avec des pavés mais moins réguliers et plus abruptes.

Une fois passé ce point, étant bien en jambe, je me retrouve sur une route où je me fais carrément plaisir je cours et très vite au vu de ce que j’ai fait jusque là.

A l’approche d’un virage un monsieur me dit « allez plus qu’une petite montée et une fois au phare là-haut ça redescend. En regardant le phare direct j’ai vu qu’il n’était pas loin mais trop loin.

Et j’avais raison car c’est 200 M de d+ qu’on se tape c’est fou ce que ça peut être long quand les jambes ne suivent pas.

Malgré cela je continue à grignoter des places à chaque fois que je reprends une personne, je me fixe la suivante comme objectif. Je veux en finir le plus vite possible.

Arrivé au dernier ravitaillement plus que 4.6 km et encore de la descente. Que demande le peuple !

Je ne m’attarde pas, je prends un grand verre de coca et repars. Le premier km passe presque crème mais juste après ça se complique, la descente est aussi technique que celle du début. Les courbatures et les ampoules n’aident en rien.

Je vois les lumières, j’entends les personnes mais je n’y arrive pas c’est trop loin trop dur.

Pour ajouter à tout ça c’est complétement boueux, je me tords la cheville à plusieurs reprises mais je dois m’accrocher.

Dimanche 21 octobre 5h05 du matin je débouche sur la route goudronnée qui mène au stade de la Redoute. Le soleil n’est pas encore levé mais ça ne devrait plus tarder.

 C’est le comble pour un trailleur qui cherche la nature d’être dans cette état de grâce à ce fameux goudron. Je suis dans un état second entre le réel et l’imaginaire. Les idées s’entrechoquent, ce moment je l’ai tellement attendu, je l’ai tellement espéré, je sors mon téléphone pour l’immortaliser et avance sur ce dernier tour de piste.

Alors que je passe sous la première arche, à l’entrée de la piste je suis pris de tristesse car je suis ici seul, personne pour m’accompagner sur ce que je peux appeler la course la plus dure de ma vie, puis j’entre sur ce terrain rouge et au fur et à mesure que j’avance je pense à ma famille, mes amis, mes sponsors, celles et ceux qui m’ont soutenu, qui rêve à travers ce que je réalise et  qui sont sûrement en train de se ronger les ongles en pensant à moi.

Je me prends même à accélérer, et après avoir fait une dernière pause l’association au grand cœur des Amis de Mikhy qui eux sont de vrais héros.

Puis je reprends mon avancée vers cette arrivée que j’ai tant espérée pour laquelle j’ai tellement souffert. Cette ligne est tellement proche je la vois magnifique elle signifiera la fin de ma galère.

En fond j’entends cette musique qui est l’hymne de la diagonale, cette même musique qui m’a tellement fait vibrer au départ.

Je m’appelle Brahim, je viens de l’Est de la France en Alsace, alors que je franchis cette ligne d’arrivée, je me sens délivré, plus de douleurs, plus de questions, plus de courbatures, je ressens un bonheur à nul autre pareille, à la limite des larmes, un sentiment de plénitude et de fierté m’envahit j’ai réussi.

J’y ai survécu ! 

 

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(Ça ne vous fera pas courir plus vite mais ça pourra faire des heureux -euses !)

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