Atteindre mes limites

Atteindre mes limites

C’est fou ce que le temps passe vite quand on approche de l’échéance.

Après avoir passé toute mon après-midi à siester il était déjà 18 h15 quand j’ai pris la route pour me rendre aux lieux du départ de la course dans ce qui allait  être pour moi le plus long trail l'HUTK .

Bien que l’on soit un samedi la route était  très remplie et donc la circulation assez difficile et à mesure que j’avançais le stresse augmentait.

Il est déjà 20h15 quand j’arrive au lieu où se trouvaient les dossards.

Comme pour tous les ultras, un contrôle des sacs est obligatoire,  j’avais pensé à tout  sauf  à la veste à laquelle il fallait une capuche obligatoirement. Là  où  je trouvais cette obligation triste c’est que le temps était très découvert et donc il ne risquera pas de pleuvoir, après un moment de panique je me suis souvenu que j’en avais un dans mon sac de foot. Je la glisse donc au fond de mon sac place qu’elle ne quittera plus de la soirée.

 

Après avoir fini le contrôle je me suis mis côté pour finir de me préparer c’est là que je me suis rendu compte que j’avais aussi oublié de prendre de l’eau avec moi, après une rapide fouille de mon sac j’ai trouvé une fois de plus deux petites bouteilles d’eau. J’en vide une dans le camelbak et garde la seconde dans la poche du sac.

20h45 je me dirige enfin vers le départ d’un pas assez rapide il fait frais, ma veste n’est vraiment pas de trop.

Je me sens bien une fois sur la ligne, j’en profite pour faire mes derniers réglages de ma montre pour qu’elle sonne que tous les 10 km afin d’économiser la batterie et mise en place de l’iPod pour la musique  plus tard.

Je finis à peine que le signal du départ est donné, nous sommes un peu plus de 170 à nous élancer dans cette nuit noire.

Dans ma tête c’est clair il faut que j’y aille au frein à main après un petit km goudronné on entre dans la forêt avec la première bosse 300M de dénivelés sur 7 km.

Je l’avale sans trop forcer et pour utiliser les batons à bon escient, ce qui a de plus beau c’est cette trainée de lampe frontale que l’on voit dans la nuit ça permet de savoir où j’en suis et aussi de voir où sont les personnes devant et comment ça va grimper.

Il me faudra environ 50 min pour avaler cette première portion et une fois en haut je range mes batons car je sais que j’aurais 5 bon km de descente et la descente, c’est mon dada.

Je reprends un très grand nombre de personnes sans pour autant être au taquet  je file à vive allure, mais un moment je sens que mon dos ainsi que mon postérieur est mouillé.

La bouteille d’eau que j’avais était percée, j’ai donc bu le reste et continué sachant que le ravitaillement était au km 20.

Kilomètre 15 après une très longue portion que je qualifie de désagréable car sur du goudron ou du plat me revoilà au pied de la seconde ascension, vite je ressort mes batons et me lance dans la montée.

Ça commence déjà à taper, cette montée est longue et vu que j’ai peu d’eau je m’hydrate mal. Quand je demande autour de moi quand sera le prochain ravitaillement  il m’annonce  le km 22, c’est déjà mal barré.

La montée est assez variée on passe de montées très abruptes à des passages avec du bois fraichement coupé des branchages qui, à plusieurs reprises me font presque chuter, mais trouvais la portions goudronnée d’avant désagréable je me suis servi et même un peu trop.

J’avance à un bon rythme trop bon même vue que malgré la fraicheur de la nuit je transpire comme si j’étais en plein soleil je décide donc de réduire l’allure afin d’atteindre le ravitaillement.

21km toujours pas de ravitaillement plus haut je vois les lumières et me dit ça va grimper encore un moment.

22km enfin le premier check up et ravitaillement  sur le classement je suis 55 ème il et 23h35  un rapide calcul m'indique que je suis très bien pour la barrière horaire qui était  à 2 h pour ce point.

Ah ce fameux ravitaillement  je m’assieds   un instant puis prend une bonne bouteille d’eau pour remplir ma poche à eaux.

J’en profite aussi pour remplir une petite bouteille ou j’avais de la poudre   de boisson énergétique   .

Et je repars  après une courte descente me revoilà en mode grimpettes je le sens pas j’ai un gros coup de mou, bien du coup laisse passer beaucoup de personnes, c’est assez curieux comme sensation de ne pas avoir de jus.

Pendant un très très long moment j’ai couru  seul dans le noir complet avec ma lampe frontale, franchement  c’est chaud et il n’est pas rare d’entendre des branchages craquer ce qui a pour conséquence de m’effrayer un peu je dois l’avouer.

J’arrive enfin en haut vais pouvoir relancer du moins mais comme on approche des 30 km la relance se fait plus difficilement les cuisses sont déjà douloureuses et les genoux ho les genoux ….

Je peux enfin repartir et prend de la vitesse je suis à l’aise et reprend du monde avec comme cible le suivant à chaque fois je suis bien je suis rapide je suis zen  je …. Crac la cheville claque sur un appui.

Là une personne que j’avais doublé me reprends sans même un « comment va ».

Je me mets donc en mode accouchement je souffle très vite pour faire oublier la douleur ; elle finit par passer et je relance donc sans appuyer sur mon talon pour ne pas avoir trop mal.

Le 33 ème km est à nouveau devant une grosse montée je vais croire que ça fais que ça ! lol

Le seul repère dons je dispose c’est des lumières au loin et encore je les ai pas tout le temps, encore une grosse portion seul. Le noir doit augmenter l’impressions de longueur mais j’ai l’impressions que c’est interminable ces montées en lacets.

Après 5h10 de course j’arrive enfin au sommet je suis vide les cuisses et mollets encore plus douloureux même la décente que je commence m’a l’air dur.

Je dois me forcer pour pouvoir enfin relancer me forcer pour oublier mes douleurs au niveau des jambes j’y arrive et file vers le 40 ème km endroit  où se trouve le ravitaillement tant attendu.

Désespoir car une fois au 40 ème km j’apprends que le ravitaillement ne sera qu’au 45.5 km ça va recommencer à grimper du coup je profite de ma lancée pour avancer un peu et plus loin ressort les battons.

Je suis dans un premier temps avec deux personnes qui avancent  très bien du coup me retrouve seul  une fois de plus j’ai l’impression de n’avoir fait que ça sur les 15 derniers  km il y a rien même pas les frontales des autres coureurs.

Mon avancée est épisodique j’ai des sursauts juste quand je regarde ma montre par contre ça ne dure pas longtemps.

42km je viens enfin de boucler un marathon plus que deux et demi c’est ce que je me dis au moment d’attaquer la montée qui mène au ravitaillement. Un peu plus de 3 km de montées, je l’attaque donc très lentement pas par stratégie, mais plus parce que je ne peux pas aller plus vite.

Dans ces conditions  le mental joue beaucoup et honnêtement je n’avais pas le mental juste de quoi avancer. Le froid me gèle les doigts le sol instable me bousillait les pieds, mais pourquoi je suis venu les piles de ma frontales faiblissaient très très vite, mais pourquoi je suis venu.

Au loin je ne voyais toujours pas ce ravito, la montée devenait de plus en plus raide comme dirait mon sponsor KAABLOC ( http://kabbloc.fr/ ) j’ai signé pour en chier !

Les jambes ne sont plus là  le cœur n'y et  plus non plus. Seul point positif les frontales des personnes qui revenaient à mon niveau pour me doubler, quand soudain j’entends une voix me dire

ET Brahim de l’Est de la France garde quelque chose à raconter pour la seconde partie.

 

 

 

 

 

Vous avez aimé cet article ? N'hésitez pas à le partager !

(Ça ne vous fera pas courir plus vite mais ça pourra faire des heureux -euses !)

J'aime Commenter

Plus d'Chroniques de Runners

Plus d'infos
  • A propos de l'auteur

19 commentaires

Questions & Réponses

CHALLENGE Running Club

  • J'aime J'aime
  • Commenter Commenter
  • Proposer une actualité Proposer une actualité

En continuant à naviguer sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies afin d'améliorer votre navigation, et nous permettre de réaliser des statistiques de visites. Pour obtenir plus d'information sur les cookies, vous pouvez consulter notre politique.
Ok