Vos performances influent sur les courses de votre réseau social !

Vos performances influent sur les courses de votre réseau social !

Les scientifiques ont récemment fait de grands progrès dans la compréhension de la contagion sociale en utilisant des enquêtes longitudinales et des expériences numériques conçues avec précisions. Ils ont constaté que l'activité physique est socialement contagieuse, et pourrait relever d’un mécanisme comportemental.

Récemment des chercheurs de la MIT Sloan School of Management de Cambridge décrivent comment, dans leur étude publiée dans la revue prestigieuse « Nature », ils ont enregistré et analysé l’activité quotidienne (distance, durée, rythme, calories brûlées), les emplacements géographiques et les liens de réseaux sociaux de plus d'1 million de personnes qui, entre eux, ont couru plus de 350 millions de kilomètres dans un réseau social mondial de coureurs sur 5 ans.

La course à pied, socialement contagieuse 

La course à pied est socialement contagieuse et sa contagion varie en fonction de l'activité et des relations (liens, sexe…).

Les chercheurs ont pu observer que quand un coureur améliorait sa course, le même jour, en moyenne :

  • s'il court 1 km supplémentaire, cela stimule chez les autres coureurs de son réseau 3/10ème (300m) de plus 
  • 1 km supplémentaire par minute entraine une accélération de plus ou moins 3/10 au kilomètre par minute chez ses amis
  • s'il arrive à courir 10 minutes supplémentaires, il induit chez ses amis 3 minutes de course supplémentaires
  • 10 calories brûlées supplémentaires induisent 3,5 calories additionnelles dans son réseau

Cette influence diminue au fil du temps. Les effets positifs dans les comportements d'exercice sont statistiquement et socialement significatifs.

La contagion se décompose selon des lignes distinctes

  • les hommes sont affectés par les modèles de course de leurs amis masculins et féminins
  • les femmes ne sont influencées que par leurs amies

Malgré les publicités, le marketing sportif, l’utilisation d’athlètes et de champions, la plupart des coureurs de cette étude ont été motivés par une ambition moins noble : « rester devant ».

Des effets intermédiaires également hétérogènes ont été observés à travers les types de relation :

  • les coureurs sont plus influencés par ceux dont la performance est légèrement moins bonne
  • les coureurs moins actifs influencent les coureurs plus actifs

Pour les auteurs, les comparaisons sociales peuvent expliquer ces résultats. La théorie de la comparaison sociale de Festinger propose que nous nous auto-évaluons en nous comparant à d'autres. Dans le contexte de la course, le débat consiste à savoir si nous faisons des comparaisons ascendantes ou descendantes, c’est-à-dire plutôt ceux qui sont en tête et qui peuvent motiver notre propre amélioration ou ceux qui sont derrière pouvant créer ainsi un « comportement concurrentiel » pour protéger notre supériorité. Les auteurs estiment que les effets sont beaucoup plus importants pour les comparaisons de type descendante, c’est-à-dire à la baisse.

Une influence différente selon le sexe

Une forte preuve que l'influence sociale dépend des relations entre les sexes :

  • l'influence entre les couples de même sexe est forte
  • l’influence parmi les couples homme-femme est statistiquement significativement plus faible
  • les hommes influencent fortement les hommes
  • les femmes influencent modérément les hommes et les femmes.

Cette étude met aussi en évidence que les hommes n'influencent pas les femmes du tout. Les auteurs pensent que cela peut être dû à des différences de genre dans les motivations pour l'exercice et la concurrence. Par exemple, les hommes déclarent être plus influencés par le soutien social dans leur décision d'adopter des comportements d'exercice, tandis que les femmes déclarent être plus motivées par l'autorégulation et la planification individuelle. Les hommes peuvent être plus compétitifs et plus concurrentiels. Les preuves expérimentales suggèrent que les femmes jouent moins bien dans la compétition mixte que les hommes, même si elles jouent aussi bien dans des environnements concurrentiels non compétitifs ou non mixte.

Lire aussi : 

L’ostéopathie crânienne améliore le contrôle postural des footballeurs professionnels

Un meilleur sommeil conduit à un niveau de santé comparable à celui d'un gagnant du Loto


Aral, S. & Nicolaides, C. Exercise contagion in a global social network. Nat. Commun.


 Cédric de Tombeur

 Ostéopathe du Sport 44

 www.osteo-du-sport.fr

 Page Facebook

Vous avez aimé cet article ? N'hésitez pas à le partager !

(Ça ne vous fera pas courir plus vite mais ça pourra faire des heureux -euses !)

Plus d'Actualités Entrainement

Plus d'infos
  • A propos de l'auteur

11 commentaires

Questions & Réponses Entrainement

CHALLENGE Running Club

  • J'aime J'aime
  • Commenter Commenter
  • Proposer une actualité Proposer une actualité

       

S'inscrire à la newsletter

OK
Abonnez-vous !
Actus, conseils, entraînements, histoires de runners…
Chaque mois, nous vous envoyons le meilleur du running directement dans votre boîte mail !
Vous pouvez changer d'avis à tout moment en cliquant sur le lien de désinscription qui figure dans l'email que vous recevrez ou en nous contactant directement sur le site
En continuant à naviguer sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies afin d'améliorer votre navigation, et nous permettre de réaliser des statistiques de visites. Pour obtenir plus d'information sur les cookies, vous pouvez consulter notre politique.
Ok