Direction Toulouse - Semaine 9 : la semaine

Direction Toulouse - Semaine 9 : la semaine

SEMAINE 9 :

EPISODE 57 : lundi 26 septembre 2016.

Je me suis levée comme une fleur... D'accord, plutôt du genre coquelicot défraîchi que lys conquérant, mais quand même... Je me sens relativement en forme pour quelqu'un qui s'est coltiné 35 kilomètres la veille. Et comme le jour ne pointe pas encore le bout de son nez, pourquoi ne pas reprendre mes bonnes habitudes et enfourcher mon vélo d'appartement pour un petit réveil musculaire ? Me voilà donc partie à 6h30 pour une séance de vélo-abdos d'une quarantaine de minutes. Je pourrais aller chez le kiné l'esprit tranquille ce soir, puisque j'aurai eu ma dose de sport quotidienne.

Le souci de ce genre de séance matinale, c'est que si ça me réveille sur la première partie de journée, j'ai ensuite tendance à avoir un coup de fatigue l'après-midi. Qu'est-ce que je ne donnerais pas pour une p'tite sieste dans un hamac au soleil. Mon efficacité au travail s'en trouve également fort amoindrie : « Comment se fait-ce que cette pile de dossiers ne baisse pas ? » Peut-être parce que je roupille sur mes lauriers...

18h30 : l'heure de mon rendez-vous avec mon kiné tortionnaire, sur lequel je fonde de grands espoirs. Cet homme a l'habitude de soigner des sportifs, plutôt du genre masculin, et costauds. Il a même bossé pendant un temps avec une équipe de basket de haut niveau. Malaxer du muscle et étirer des tendons, ça le connaît. Sauf que parfois je pense qu'il oublie que je suis un brin plus frêle qu'un footeux. Il est efficace, mais je pense qu'il ignore le sens du mot « douceur ». Il m'est même arrivée de sortir avec des bleus du cabinet après des massages particulièrement appuyés.

Après un examen de ma hanche il penche surtout pour une tendinite du moyen fessier. Ce sera donc massage, compex, froid et surtout un passage obligé par les ondes de choc. Je le soupçonne de trouver un plaisir sadique à torturer ses patients avec cet engin de malheur. Je crois qu'il s'éclate à nous taper la discut' pendant qu'on serre les dents, les poings, les orteils pour ne pas crier.

Je me souviens encore du traitement de mon aponévrosite plantaire de 2015, lorsque je m'accrochais à la table de massage pour ne pas être tentée de fuir ou de lui mettre un coup de pied dans le nez, et que mes yeux pleuraient tous seuls tellement ça faisait mal. Et l'autre zouave, pendant ce temps, il me racontait sa vie, ses sorties, ses enfants... tout en me tenant fermement la jambe pour que j'arrête de gigoter. Je te jure !

Finalement sur la hanche ça fait moins mal. Ça doit être à cause de la viande et du gras qu'il y a autour de l'os, ça amortit les chocs. Bref, je ressors du cabinet certaine d'être sur la voie de la guérison. Et pour fêter ça je roule encore 40 minutes sur mon vélo d'appartement. Repos d'accord, mais repos actif !

 

EPISODE 58 : Mardi 27 octobre 2016

Ah et bien voilà, elles sont là les courbatures ! Je me disais aussi... Rien de dramatique mais une certaine lassitude physique et psychologique semble s'installer. C'est que c'est long douze semaines de préparation ! Ma journée de boulot va aussi être ardue (et bé oui, il faut bien rattraper l'inertie de la veille).

Durant ma pause méridienne, j'apprends avec effarement sur le site de running club le décès d'un de ses membres actifs. Ma première réaction est : «Pourvu que ce ne soit pas sa pratique sportive qui ait précipité sa fin.» C'est toujours flippant de voir des sportifs réguliers, dans la force de l'âge, disparaître aussi brutalement. Plus ou moins consciemment on a tendance à se dire que ça pourrait nous arriver. Ma réaction suivante est : «Il faut profiter de la vie tant que l'on peut, faire les choses tant qu'on en est encore capable et ne pas perdre du temps avec des gens ou des activités qui ne nous intéressent pas. »

Ce genre de pensées va me pousser à aller au stade, malgré la fatigue, le manque de motivation, pour faire ma séance. J'ai la chance de pouvoir courir, j'ai la possibilité de relever un nouveau défi sportif, je suis là, en vie, presqu'en forme alors comment puis-je envisager de baisser les bras si près du but ? Après un coup de téléphone au coach pour lui expliquer la situation : fatigue, 35 bornes, semi en compétition dimanche prochain... Il reconnaît que 10x1000 mètres c'est trop lourd. Il me donne le choix entre 6x1000 ou 8x800.

Je retrouve ma commère d'échauffement, à deux semaines de son « 100 bornes ». Après un week-end passé à lutter contre une traîtreuse attaque de bulots, elle semble en forme. Elle entre dans la phase « allégée » de son programme, donc psychologiquement c'est plus facile. Dans quinze jours ce sera mon tour.

Pour l'heure, place à ? je choisis les 800. Déjà je n'aime pas les 1000 sur piste. Trop long et ennuyeux. Mentalement je trouve plus aisé de faire deux tours de stade. Et puis surtout j'ai dans un coin de ma caboche l'idée de faire la séance Yasso : 10x800. Oui, je sais JM m'a dit 8x800. Mais pour une fois que j'en ferais plus ! Il ne va pas se plaindre. Et ça me donnerait une idée de mon niveau actuel. C'est une séance que je redoute en général, car elle se déroule toujours dans la douleur. Enchaîner 10 fois 800 mètres presque à bloc n'est jamais une partie de plaisir. C'est à la fois long et rapide, donc très sollicitant. En général je les tourne vers 2'56, 2'55 en les passant en force.

Dans l'immédiat, avant de commencer à tourner, je me raisonne : vu mon état musculaire général, je serais une sacrée questsche de chercher à imposer un effort trop important à mon corps. Je le sens au bord de la rebellion. Il faut absolument que je gère cette séance de façon zen et apaisée. Je prends le départ de mon premier huit cent en me promettant de ne pas regarder les temps de passage et d'essayer de le faire souplement. Un tour de piste, deux tours de piste. Bip : 2'52 ! Trop dingue ! Tranquillement, sans taper dans le rouge, avec des blocs de béton à la place des cuisses, je fais 2'52... Il y a un truc qui cloche. Le chrono a du avoir un raté. Hop, retournes y pour voir. Et j'ai beau y retourner encore et encore, je tourne toujours entre 2'50 et 2'52, sans être à bloc. Ça me réjouit à un point... J'ai l'impression d'avoir passé un cap. Ça peut paraître couillon pour quelques secondes, mais lorsque l'on sait le travail que cela demande, passé un certain niveau, pour grapiller ces quelques secondes...

Parvenue au bout des huit fractions recommandées par le coach, je ne peux pas m'empêcher d'en rajouter deux pour faire cette fameuse séance. Je ne sais pas si des études approfondies ont été faites à ce sujet, mais il est dit que le chrono effectué sur ces 800 rapporté en heure et minutes donnerait le chrono approximatif sur marathon de l'athlète. Ce qui signifie en clair qu'ayant réussi à faire mes 10 fois 800 autour des 2'52 je pourrais envisager un chrono sur marathon de 2h52. Bon, je ne vais pas m'emballer à ce point, mais ça renforce une nouvelle fois ma confiance. « Allez un 2h55 tu pourrais le faire non ? »

 

EPISODE 59 : mercredi 28 septembre 2016

La journée plan-plan de base ! Rien de nouveau, que du banal. Je me sens quand même fatiguée, sans doute l'accumulation des grosses séances. Ma hanche me fait toujours un peu souffrir mais la douleur n'augmente pas, c'est déjà ça. Je m'apprête à quitter le tribunal à une heure quasi indécente (en même temps vu le nombre d'heures qu'affiche ma badgeuse, je peux largement me le permettre), quand soudain on m'annonce une présentation pour 18h. Crotte de biquette ! Aucune envie de me retrouver à bosser jusqu'en début de soirée. Je veux m'entraîner... Enfin, pas tant que ça, mais entre bosser et courir, j'ai choisi.

Un heureux concours de circonstances va toutefois me permettre d'échapper à cette corvée. Décidément tout est fait pour que je mène jusqu'au bout mon plan d'entraînement, sans excuse aucune.

Cela reste quand même un effort de courir après une journée de boulot et les trajets. Je préfère décidément les footings du matin. Pour ce soir, je diminue un peu la charge pour préserver mon bassin. Au lieu de l'heure prévue, je me limite à 11,5 km (une grosse cinquantaine de minutes). Quand je reviens à la salle, il commence presqu'à faire sombre. Oh la la ! Pour le coup ça sent vraiment l'automne. Heureusement que le plan touche à sa fin, parce-que les sorties de nuit avec la frontale c'est rigolo un moment mais ça finit par être lassant. Pour me donner l'impression d'avoir rempli le contrat du jour, je rempile pour 20 minutes d'elliptique et 10 minutes de rameur.

 

EPISODE 60 : jeudi 29 septembre 2016

Journée merdouille au boulot. Rien le temps de faire. Et en plus j'ai la joie d'apprendre qu'on me refourgue un service supplémentaire. J'ai juste l'impression qu'on me prend pour la quiche de service, celle à qui on peut tout demander, qui ne se rebellera pas, et qui en plus arrivera à faire ce que personne n'a fait jusqu'à présent.

Entre une réunion et une autre, un entretien et un autre, je ne peux même pas quitter le tribunal à l'heure que je m'étais fixée. Je rentre à la maison fin énervée par ce système qui ne profite qu'aux lâches, ou aux plus grandes gueules plutôt qu'aux méritants. Résultat : plus le temps d'aller courir, car j'ai rendez-vous sur Strasbourg boire une bière avec mon pote Thomas... rien de tel qu'une bonne soirée entre amis pour décompresser, mais seulement après avoir évacué ma rage pendant 45 minutes sur mon vélo d'appartement.

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