Direction Toulouse - Semaine 8 : le week-end

Direction Toulouse - Semaine 8 : le week-end

EPISODE 55 : Samedi 24 septembre 2016

Heureusement que j'ai fait du vélo, sinon je serais en pleine prise exponentielle de masse.

9h.30 : Rendez-vous avec mon généraliste. J'ai le sentiment qu'il ne s'est jamais remis de ne pas avoir vu ma fracture de fatigue du bassin. Il est toujours hyper précautionneux et attentif à mes plaintes depuis. Je lui fais part du souci du jour, et selon lui j'ai une grosse contracture au fascia lata et un début de tendinite au moyen fessier. 

OK et alors ? Je peux courir ? Je dois faire quoi ? Etirements, massage, kiné, et pas de course à pied en attendant. D'accord... pour aujourd'hui. Je renonce sans trop de mal à mon footing de 50 minutes, que je transforme en séance de cardio à la salle. Mais demain ? Demain c'est THE grosse sortie ! Les 2h30 avec une heure à allure. Je n'ai absolument aucune envie de la rater. Ne pas faire ce test me stresserait, car c'est un bon indicateur de l'état de forme. Et je ne peux pas la reporter parce-que la semaine prochaine je suis en mode compèt sur le semi, et après je serais bien trop proche du jour J pour m'éreinter ainsi. Le souci est que si je ne fais pas cette séance, j'aurais l'impression de monter sur le marathon en manquant de volume, et j'aurais nécessairement moins confiance en moi ... En même temps si je force et que je me retrouve immobilisée pendant des jours entiers... Gros dilemme encore une fois.

Je tourne et retourne les choses dans ma caboche tout l'après-midi. Un truc de certain c'est que je vais courir demain. Une contracture ne m'a jamais arrêtée. Après demeure les questions : Où ? Quand ? Combien de temps ? Combien d'allure ?

Je suis d'astreinte ce week-end alors il faut déjà que je ne sois pas réquisitionnée dimanche matin. Croisons les pieds ! Ensuite, me lancer sur ma grosse boucle habituelle de 33 km me paraît un peu « dangereux », si les douleurs s'amplifient. Des boucles modulables seraient un choix plus judicieux. Enfin, je n'ai aucune envie de courir 2h.30 toute seule. C'est sûr que c'est un excellent moyen pour travailler le mental, et c'est sûr aussi que sur un marathon il y a toujours un moment où l'on est seul face à soi-même, mais franchement, pourquoi s'infliger cette peine avant l'heure ? C'est d'ailleurs pour cette raison que j'avais pris un dossard pour les foulées des 4 portes de Rosheim, pour courir au moins une heure et demi en groupe. Mais une compétition dans ces conditions serait vraiment tenter le diable !

J'envoie un message à Thomas. De retour de blessure, il voudra peut-être me faire l'honneur de sa présence au moins pendant une heure. Et évidemment, toujours fidèle au poste et en amitié, il répond présent. Nous prenons rendez-vous pour le lendemain matin 9h30 à Strasbourg, au parc de Pourtales. Il me tiendra compagnie sur la première heure, c'est toujours ça de gagné.

 

EPISODE 56 : dimanche 25 septembre 2016

Poids presque catastrophique. Mais comment aurait-il pu en être autrement avec deux journées de glandouille sportive, et un bretzel arrosé de bière la veille ? Serais-je en train d'essayer de me saborder ? Ce n'est pas le moment de renoncer et de cesser les efforts ! Cela me fera une motivation supplémentaire pour courir si longtemps.

J'avais prévu de me rendre vers 9h à Strasbourg pour commencer par une demi heure d'échauffement, mais à force de traînasser je me retrouve tout juste à l'heure sur notre lieu de rendez-vous. Il fait un temps parfait pour courir.

Nous démarrons relativement tranquillement, chacun guettant les signes de mécontentement éventuel de son corps. Pour ma part ça coince un peu au niveau de la hanche mais j'ai connu pire. Si ça reste de cet ordre là, je suis preneuse. J'aime bien courir avec Thomas, nous nous complétons, lui le coureur de 800 et moi la marathonienne. Chacun pousse l'autre à travailler son point faible : la vitesse pour moi et l'endurance pour lui. Ça tourne parfois à la compétition à deux balles entre nous, chacun cherchant à faire craquer l'autre sur son terrain, mais toujours dans le respect mutuel, et une joyeuse entente.

Nous papotons course à pied, blessures, vie conjugale et sujets plus futiles pendant une bonne dizaine de kilomètres, ce qui évite de se mettre dans le rouge trop vite. Après des détours dans la forêt, nous rejoignons la digue qui traverse la forêt de part en part, jusqu'au château de Pourtales. 4 ou 5 kilomètres de ligne droite plate. « Oh bé tiens, c'est t'y pas pratique ? Si on commençait à accélérer un peu le rythme pour faire de l'allure ? ». Aussitôt dit, aussitôt mis en pratique. Nous voici partis autour des 4 ou 4'05 au mille. Je sens que mon pauvre ami a du mal. Lui qui d'habitude doit m'attendre ou me met minable en moins d'un kilomètre, peine à suivre ma cadence. « Et oui, mon cher, trois mois d'arrêt ça te tue ta vitesse ! ». Je me cale à 4'05, aller plus vite n'est pas nécessaire pour mon objectif et en principe Thomas devrait trouver ça facile. En principe,... mais aujourd'hui rien à faire, ses pattes ou son cœur ne veulent pas. Je l'abandonne au bout de deux kilomètres pour continuer mon bonhomme de chemin jusqu'au bout de la digue. De toute façon il ne sera pas bien loin. Toute cette affaire m'amène à 14 km (même si je soupçonne mon GPS d'avoir eu quelques ratés au fin fond de la forêt) et un chouia plus d'une heure.

Après des « au revoirs » émus sur le parking (« T'as mes clefs de voiture? La prochaine fois, j'aurais le temps de prendre l'apéro avant que tu me rejoignes... Ouais, en attendant je n'ai pas que ça à faire, alors salut sale gosse »), et la promesse de se revoir bientôt, je repars pour un tour. Je préfère ne pas trop penser au fait que je dois encore me coltiner pas loin de 20 bornes. Un p'tit kilomètre pour se relancer, et hop puisque j'ai déjà couru 4 kilomètres à allure, je me fixe comme objectif d'en faire 10 de plus. Rebelote pour les tours et détours dans la forêt, avant d'emprunter la digue mais direction Lauterbourg cette fois-ci. J'ai dans l'idée de passer tous mes cinq kilomètres en moins de 21 minutes puisque c'est ainsi que je compte aborder mon marathon, en le découpant par tranches de cinq. Entre 15 et 20 nickel. A 22 la piste devenant plus sauvage et surtout plus isolée, je préfère entamer le retour. Ce serait couillon de me faire agresser ou d'avoir un malaise dans ce coin reculé, alors que personne ne sait où je suis. 24ème kilomètre, je suis toujours dans les clous, mais je sens un coup de fatigue me tomber dessus, ou un coup d'hypoglycémie peut-être. En tous cas je me sens moins aérienne (si je l'ai été un jour). Hop un dextrose dans le gosier, et surtout se dire que ça va passer... jusqu'ici tout va bien, jusqu'ici tout va bien... un peu après le 25ème me voici de retour sur la digue de la première heure. Ce qui serait top, c'est que je tienne le rythme jusqu'au château. Il y a du marquage tous les cent mètres, alors je me concentre sur ces bandes blanches et je les compte pour faire passer le temps et les kilomètres. Et ça fonctionne plutôt bien, je retrouve un rythme un peu plus élevé, même si ma foulée manque toujours de fluidité. Si j'arrive au parking du château sans faiblir, j'aurais couru 29km et 14 à allure (sans compter les 4 de la première partie). « Ok je vais faire ça comme ça ». mais parvenue au bout de cet effort, je ne peux m'empêcher de me lancer un nouveau défi : passer le 30ème kilomètre en moins de 2h10 (comme ça j'aurais 15 kilomètres à allure !). Zou, c'est parti mon kiki ! Un dernier effort, et ça fera toujours ça de moins à faire pour la suite. J'ai du mal, je dois forcer un peu la machine, sans doute parce que je sens que je touche à la fin, mais je parviens à mon objectif. Bravo ma p'tite dame ! Sacrée séance quand même. Je m'accorde le droit de ralentir et de souffler un brin. Je repars pour un petit tour dans le forêt slalommant entre les promeneurs de chiens, d'enfants ou de papis, et cahin-cahan je pousse ma séance jusqu'à ses limites : 2h30 et 35 km, dont presque 20 à allure. Jamais je n'ai autant fait. Je remercie intérieurement mes pattes qui ont bien voulu me porter sans rechigner aussi longtemps. Ça y est le plus dur est fait ! Il me reste quatre semaines pour fignoler, ou rafistoler ce qui doit l'être. Mais au vu de ce que j'ai encaissé durant ces deux premiers mois, le reste devrait me sembler presque facile. Je me sens libérée parce-que les séances que je redoutais le plus sont désormais derrière moi. J'ai déjà réalisé celles qui restent au cours du plan, alors elles ne me font plus peur. Je me sais capable de les mener à bien. Et puis il ne s'agit plus de se crâmer à ce stade, il faut maintenir l'état de forme et faire du jus. Que la force soit avec moi ! Et pour ce faire rien de tel qu'un p'tit décrassage dans un sauna et un après-midi passé à buller sur un transat.

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(Ça ne vous fera pas courir plus vite mais ça pourra faire des heureux -euses !)

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