Direction Toulouse - Semaine 2 - épisode 11

Direction Toulouse - Semaine 2 - épisode 11

EPISODE 11 : jeudi 11 août 2016

Je me suis couchée hyper tôt, j'ai plutôt bien dormi, la journée a l'air de se présenter sous de bons augures. Même au tribunal les choses semblent se tasser. Peu d'appels téléphoniques, pas de magistrat squattant mon bureau pour me demander quinze trucs différents, soit disant urgents, mais qui pourraient finalement attendre le lendemain, et pas de pauvres bougres perdus dans le système tentaculaire de la Justice française... une paix quasi royale. Je peux enfin me consacrer durant quelques heures à mes propres dossiers, et avancer un peu.

J'ai donc toutes les raisons du monde d'aborder la séance mortelle du jeudi soir avec sérénité, calme et énergie. Sauf que... entre midi et deux j'ai eu la « mauvaise » idée de relire mon compte rendu de préparation pour Amsterdam, et diantre ! Je tenais quand même une sacrée forme à l'époque. J'arrivais à enquiller des séances de fou, avec des bons chronos, sans jamais me blesser, et en étant toujours enthousiaste... Le doute s'est immiscé en moi. Peut-être que finalement je ne suis pas capable de faire mieux, d'assumer une telle charge d'entraînement, et d'arriver à en restituer la substantifique moëlle le jour J. Ces pages m'ont rappelé que j'ai pris un coup de vieux depuis 2013, que ma fracture du bassin est passée par là, et que je n'ai plus la foulée déliée de l'époque bénie des 2h.56.

M'enfin l'heure n'est pas à s'appesantir sur les dures lois de la vie, mais à se coltiner... attention tenez vous bien : 8x 1200 mètres ! En deuxième semaine de plan ?! Il veut ma mort prématurée le coach ou quoi ? Même Muriel trouve que c'est un peu chargé comme séance. Muriel la « cent bornarde », celle qui s'enquille 30x500 mètres le mardi. Echauffement sur trois kilomètres autour du stade, changement de chaussures, et direction la piste cendrée pour ne pas traumatiser davantage mes articulations de mamie. Il n'y a quasiment personne, le soleil pointe timidement un bout de rayon, pas de vent, les conditions idéales pour se motiver. 8 fois trois tours de piste, 24 fois 400 mètres... Oh merde ! Allez zou autant en finir tout de suite. Première fraction, au feeling et évidemment le chrono est bof : 4'35. Je visais plutôt les 4'30. Mon homme m'a rejointe et tourne avec moi sur son vélo pour m'encourager, et me donner les temps de passage. Je repars pour 3 tours en forçant un peu plus sur la machine, et me retrouve sur une base de 4'25. ça c'est mieux, mais punaise, c'est aussi beaucoup plus violent. Et il me reste encore 6 x 3 tours ?! Surtout ne pas y penser. Troisième série, et rebelote 4'25. J'ai trouvé le rythme, maintenant le but du jeu est d'arriver à le tenir. Pour le quatrième 1200 je décide de changer de sens, pour ne pas déséquilibrer davantage ma foulée en ayant toujours la même jambe à la corde. Etrangement je trouve ça plus dur... allez savoir pourquoi. Un manque d'habitude ?

Alors que je finis ma quatrième fraction, le coach débarque pour voir ce que je fabrique toute seule dans mon coin. Il a l'air étonné en bien de mes temps de passage. « Ah quand même !! » Il me demande ce qu'il ma donné comme séance, et reconnaît que c'est un lourd pour un début de plan. « Non, sans déconner ? ». Grand seigneur il m'autorise à ne faire que 6x 1.200 et ensuite 2x800 mètres. Qui aurait cru qu'un jour je serais contente d'entendre que j'ai des 800 à courir ? Comme quoi tout est relatif dans la vie, ce qui peut paraître insurmontable un jour, peut sembler être une sinécure le lendemain. Mais pas le temps de bavasser, il reste encore quelques tours de piste à accomplir. Je m'élance sous les yeux attentifs de mon coach officiel et de mon compagnon. Pas le droit d'être faible sur ce coup. Je me dois d'être à la hauteur, pour qu'Eric soit fier de moi, et pour prouver à l'autre zigoto que je n'ai pas encore dit mon dernier mot. Double pression, mais double raison de me bouger les fesses. J-Marc me donne les temps de passage aux 400 mètres, Eric m'encourage et je m'accroche à sa voix pour ne pas penser aux mètres qu'il reste à parcourir. S'il pense que je peux le faire, je peux le faire, je vais le faire et... je le fais. Les deux derniers 1200 en 4'25 à la seconde près.

Encore 2 fois 800 et viendra la délivrance. Sans que cela soit follement confortable, un tour de piste en moins n'est pas négligeable. Je carbure légèrement plus et je termine le premier en 2'54. «Pour le dernier j'ai le droit d'être un peu en dessous? Cool!». Et bien ce sera en 2'55 messieurs. Ah, ah ! Alors coach? J-Marc est bien obligé de reconnaître que j'ai bien mené ma séance, régulière, belle fouléee, et blablabla... Et puis vient le couplet: «Un truc qui te ferait du bien ce sont les cross...». Ouais, mais non. «Tu dois être bien sur dix en ce moment.» Ouais, mais non. Moi je veux courir des marathons J-Marc, pas des trucs où il faut se mettre minable et se faire écraser par des gamines de 30 ans! «Allez cette année tu me fais 2h.54 au marathon». Comment mettre la pression au gens en deux leçons... «Je te rappelle qu'il y a trois semaines quand je te parlais de 2h.55 tu avais l'air dubitatif.» Sacré coach!

En même temps je suis contente qu'il soit venu me voir courir. C'est couillon d'en être encore là à presque 40 ans, mais avoir l'avis positif d'un professionnel sur mes qualités athlétiques actuelles, cela met en confiance.

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(Ça ne vous fera pas courir plus vite mais ça pourra faire des heureux -euses !)

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