L'autre visage de la SaintéLyon 2018

L'autre visage de la SaintéLyon 2018

Au départ, pas vraiment l'envie de revenir pour une 10ème fois sur cette course...

Je trouve sincèrement qu'il y a bien trop de monde, et que les coureurs d'ultra fond comme moi vont laisser la place aux jeunes. Bien dommage, car il y avait vraiment une excellente ambiance il y a quinze ans, il y avait une certaine entraîde entre les coureurs novices et les coureurs d'expérience qui n'hésitaient pas à mettre leur chrono personnel de côté pour aider les novices à tout simplement finir.

Victime de deux chûtes l'année précédente alors que je pousuivais en off, une fois mon relais donné. Je m'étais alors arrêté à Sainte Catherine au 31ème km. Cette année, ayant récupérer le dossard d'un ami blessé, je me rendis donc à Saint-Etienne directement une fois le boulot terminé.

Merci à Seb pour avoir retiré mon dossard, sans cela, terminant à 15h30, il m'était impossible d'être à 19h à Lyon.

La météo de la nuit s'annonce pluvieuse, donc je sais déjà que les sentiers seront des amoureux, j'ai opté pour une paire de running mixte, de toute façon, une fois les crans emplis de boue, il n'y aura plus vraiment d'accroche, par contre celles-ci seront moins traumatisantes sur le bitume.

Je retrouve Seb à la gare, puis direction le gymnase pour patienter un peu, beaucoups de temps. On dépose ensuite nos sacs à la consigne puis on va retrouver mes amis de la 180 (Lyon - SaintéLyon)... Et alors que je discute avec mes amis, Seb est parti se placer au départ.

Quand à nous, on reste encore au chaud, même si dehors il ne fait vraiment pas froid, c'est la 1ère SaintéLyon où l'on partira sans gants. Je profites du buffet pour prendre deux parts de tartes aux pommes et un café.

Puis on repasse par le gymnase, il n'y a vraiment plus grand monde, les moutons sont déjà tous bien rangés en ordre de bataille.

Discution avec l'ami Dawa, toujours aussi accessible, et qui est le seul membre du Team Compex a se changer parmi les anonymes. Le rendez-vous est pris pour une escapde prochaine au Népal en sa compagnie quand mes fincances se porteront mieux.

Par solidarité avec le mouvement national, j'ai quand même opté pour des gants jaunes...lol

On discute, on dicsute, mais il serait quand même temps de s'échauffer un peu musculairement.

Vraiment un pur moment de rigolade entre Ultra Terrestre. On part enfin s'installer dehors et la première réflexion que l'on s'est faite, c'est que nous n'avons jamais été aussi loin de la ligne de départ, habituellement, on était à hauteur de l'enseigne Mercedes. Je reviendrais pas sur les enceintes pourries, quoi que, quand vous les supportez pendant 1h15, on a juste une envie, c'est de débrancher les cables et de courir.

1h à attendre debout sous la pluie, c'est comment dire ch...t et désagréable. Enfin le départ est donné, et pour l'instant, j'essaie de suivre mon ami William qui vient de terminer le Spartathlon dans des conditions de m...., pardonnez moi l'expression.

Il est venu à bout des 250 km en moins de 36h sous la pluie et une mini tempête pendant plus de 18h avec des vents à plus de 120 km/h. Au bout de 8 km, je le perds de vue à l'entrée d'un premier single.

Je poursuis mon bonhomme de chemin et si je le rejoins un peu plus tard, on verra bien.

Je rejoins El Padre qui en est à sa 13ème SaintéLyon qu'il fait depuis le début en jouant de la guitare et en chantant, je retrouve là l'ambiance de mes premières SaintéLyon. Je rejoins l'avis de Julien, le petit détour au début vallait vraiment le coups d'oeil, voir Saint-Etienne de haut tout enluminé est nettement plus plaisant.

Puis on retrouve le parcours original, 1er ravitaillement, trop de monde pour atteindre les tables, pas grave, je continues tout droit. J'ai encore plein d'eau et des réserves alimentaires. J'aviserais vers le 31ème km, vers le 23ème km, besoin de manger un peu, mais j'ai déjà les doigts bien engourdit par le froid et l'humidité, impossible d'ouvrir ma barre de céréale, va falloir tenir ainsi jusqu'à Sainte-Catherine.

Vers le 26ème km début de fringale, obliger de ralentir l'allure pour dépenser moins de calories pour atteindre le ravitaillement... Enfin, le ravitaillement arrive, je fais le plein de barres énergétiques et repars sans trop traîner pour ne pas me refroidir plus. Impossible de me dire d'arrêter à cet instant et de monter dans la navette au chaud.

Arriver à hauteur du feu de camps de l'association "Courir pour des pommes", ni vin chaud ni Calvados, les traditions se perdent... Pourtant, cela nous aurait bien réchauffer cette année.

Je remonte progressivement les coureurs partis trop vite, je maintiens mon allure de croisière. Dans les parties de crêtes au vent et aux sentiers des plus amoureux, je m'arrête une première fois à hauteur d'un coureur en hypothermie avancée assis à même la boue, j'appelle le 15 et attend bien 20 mn avec lui, il semble perdre connaissance par moment, ne parlant plus et ne me répondant pas quand je lui demande son prénom ou son numéro de dossard.

Dès que j'ai des nouvelles des secours, je repars, mais il me faudra un moment pour me réchauffer, et il y a bien plus de 2000 personnes qui sont passées sans même lui jeter un regard ou demander si il allait bien... Où est l'entraîde que l'on trouve sur Ultra ?

Arrivé à un croissement avec des bénévoles, je leur explique rapidement la situation, pour qu'il puisse diriger les secours le plus rapidement possible. Quelques kms plus loin, je m'arrête de nouveau car je me retrouve poussé dans une clotûre, quelqu'un qui glissait s'est rattrapé à moi, il s'excuse et me demande si cela va.

Il fait froid, il y a du vent et de la pluie, je lui répond rapidement que cela va avant de m'arrêter une nouvelle fois au près d'un coureur qui est en hypothemie et qui n'a pas de couverture de survie ou qui n'en a plus. Le temps de retirer mon sac, de l'ouvrir de lui donner ma couverture supplémentaire, de refermer avec peine mon sac, car j'ai les doigts transis de froid.

Je repars avec encore 15' de perdu, mais bon, je me dis que si c'était moi, je serais bien heureux si quelqu'un s'arrêtait.

Pas vu le 3ème ravitaillement, pourtant quelque chose à manger m'aurait fait du bien, j'arrive à Soucieux-en-Jarrest où je mettrais fin à mon calvaire, avant que mon état de fatigue et d'hypothermie ne devienne problématique.

Cela fait 29h30 que je n'ai pas dormi, les yeux se ferment d'eux même, j'ignore si c'est la fatigue ou le manque de sommeil, mais je suis incapable de me réchauffer.

9h45, après avoir bien manger et avaler une soupe bien chaude, je prends la décision de m'arrêter et m'endors presque aussitôt dans la navette qui nous ramène à Lyon.

Le physique aurait pu certainement tenir, mais le mental et l'enivie n'y était plus... Le plaisir n'y était plus, et quand le cerveau te dit, il te reste encore 3h30 - 4h d'effort à faire... il faut savoir à un moment débrancher son cerveau, mais cette fois-ci, c'était plus possible...

J'avais déjà utilisé cette année, l'option mental sur l'Ecotrail de Paris 80 km en 11h puis sur Un jour en Terre de Jura (115 km en deux étapes).

Content de revoir Seb à l'arrivée, pour une bière et un repas bien mérité, et vraiment très fier de sa performance du jour.

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(Ça ne vous fera pas courir plus vite mais ça pourra faire des heureux -euses !)

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