La Course des Géants 6000D

La Course des Géants 6000D

29 juillet 2018 - La Course des Géants 6000D

Le profil de cette course est assez atypique : une grosse montée et une descente, 65 km pour 3 500D+. En réalité, 65.8 km et 3200D+ et 3250D- .

Arrivé sur place en famille pour les vacances le jeudi, j’attaque par un petit KV sur la piste de bobsleigh. Le début de cette grande fête autour de l’événement 6000D est donné par cette course hyper sympa et donne un avant goût de l’ambiance attendue pour tout le week-end.

Samedi matin, jour J, le réveil sonne assez tôt à 3h45. Notre appartement est en altitude et je dois descendre (en stop) sur Aime pour le départ à 6h. Un gars qui prend également le départ de la course et sa famille me prennent rapidement, je n’attends quasiment pas. J’arrive finalement très tôt sur place, pas grave il fait encore nuit mais il fait doux. Et puis je voulais me placer pas trop loin du départ avec 1 700 concurrents, ça fait beaucoup de monde .

Tout est très bien organisé, on sent la mise en place de gros moyens. Rapidement, ça se remplit, le départ va être donné, les élites sont tous dans le SAS et l’orage gronde. L’ambiance est formidable : musique, fumigènes.... C’est extra. Le top départ est donné quasiment en même temps que les premières gouttes de pluies. Je décide de quand même partir en débardeur et de laisser la veste dans le sac.

Le départ est ultra rapide, ils sont dingues ou quoi... Il est vrai que nous parcourons 5 km en faux plat descendant, la première côte arrive sur un large chemin et tout le monde court encore, je commence vraiment à me demander si je suis dans le bon groupe. Mais maintenant j’ai un peu d’expérience et je fais ma course, je ne m’affole pas et réduis le rythme.

Une bonne cinquantaine de personnes m’ont doublé sur ces premiers kilomètres mais maintenant, le dénivelé s’élève doucement et beaucoup commencent à souffler fort. Je marche mais à bon rythme, m’aidant des bâtons, et je commence à dépasser certainement tous ceux qui s’étaient bien trop enflammés en début de course.

Le premier ravito arrive au semi, pour le moment tout va bien, pas de difficulté sur la nature du terrain, sous-bois et chemin forestier assez large. Seul le dernier kilomètre sous un télésiège indique ce qui nous attend. Nous avons quand même avalé 1 950m de D+.

Je prends le temps de remplir mes flasques, d’embrasser ma famille qui va me suivre sur plusieurs points et je repars.

Les dix prochains kilomètres se font quasi tout en marchant avec 1 000m de D+ et seulement une descente d’environ 1 km pour relancer où je me lâche un peu, je grapille quelques places et physiquement tout va bien. L’orage pointe de nouveau son nez et j’approche du ravito au fameux Col de La Chiaupe avant l’ultime ascension du glacier.

Arrivé au ravito, cela fait vraiment du bien, je m’alimente et remplis de nouveaux mes flasques. Il y a un monde de fou car on y croise certains qui redescendent déjà du glacier ainsi que la bifurcation d’une autre course, la 6D lacs 26 km. L’organisation et le balisage sont tellement bien faits que cela ne pose aucun problème. L’ambiance est vraiment énorme, beaucoup de gens pour encourager et les bénévoles au top, c’est vraiment plaisant.

La montée du glacier n'est pas facile, les kilomètres s’accumulent dans les jambes et on s’approche des 3 000 m d’altitude, je marque à deux reprises une courte pause de quelques secondes car l’arrêt est compliqué, une seule mono trace dans ce mélange de pierres et de sables gorgés d’humidité et la pente est vraiment raide. Sans bâtons, il faut quasiment poser les mains au sol.

L’arrivée au sommet est un véritable soulagement, après le point de contrôle, je prends une petite soupe de pâtes chaude, un vrai bonheur.

Maintenant place à la descente. C’est pas trop raide mais assez technique, j’aime ça alors je donne tout. Je passe pas mal de concurrents plutôt prudents, ça me reboost, je maintiens l’allure.

Le ciel vraiment noir gronde fort et les premières gouttes apparaissent juste avant le point de contrôle. L’orage éclate, il commence à pleuvoir fort, je profite du petit ravito au point de contrôle pour mettre ma veste. Je commence à être mouillé et à avoir froid. Je bois juste une gorgée de boisson énergétique et repars rapidement, de toute façon plus rien ne passe au niveau alimentation.

J’entends un bénévole dire qu’ils ne font plus monter personne sur le glacier depuis plusieurs minutes suite à l’orage, c’est trop dangereux, manque de visibilité et grêle. Je me dis que j’ai vraiment de la chance d’être déjà passé, le glacier c’est un peu le graal.

C’est la dernière grosse ascension de la course, le col de l’Arpette. Celui-là, après presque 7h de course fait mal. Je grimpe lentement mais personne me dépasse, on doit tous être dans le même état.

Arrivé au sommet un nouveau point de contrôle avant d’entamer la longue et dernière descente. J’enlève vite ma veste trempée et me lance dans la pente. Les quadriceps vont bien alors je déroule à grandes enjambées, jusqu’au gros et dernier ravito. J’ai dépassé pas mal de concurrents dans cette descente, j’espère que cela va durer.
J’embrasse vite fait ma famille, je bois un coup et évite de trop m’attarder, beaucoup commence à être "dans le dur" et j'ai peur que cela me touche.

La descente est progressive et sans difficulté, je cours à assez bon rythme étant donné les kilomètres déjà avalés. Je me retrouve souvent seul depuis le dernier ravito, heureusement j’ai l’habitude et le moral est bon.

J’arrive au 55ème kilomètre au dernier point de contrôle dans un petit village Montchavin où tout le monde est de sortie pour nous encourager. Une fois de plus l’ambiance est énorme, ça fait tellement du bien.

Les 6 kilomètres suivants sont en sous-bois en un single ombragé assez plaisant mais au final pas évident car beaucoup de racines et de petits "coups de cul" qui terminent d’achever les muscles. De plus, il faut rester lucide et concentré pour ne pas chuter. Je retrouve quelques concurrents à ce moment du parcours mais difficile d’avoir un rythme commun en fin de course pour bien finir en groupe. Je cours pas vite mais réussis à ne pas avoir besoin d’alterner avec la marche. Je me dis que c’est gagné, la ligne d’arrivée approche, il faut tout donner, enfin, le peu d’énergie qu’il reste.

Nous terminons cette course sur 4 kilomètres de piste cyclable au bord de l’Isère et même s'il commence à faire très chaud, le débit de la rivière est tellement impressionnant que cela dégage un peu de fraîcheur.

L’entrée dans la ville d’Aime est magique, plus que quelques centaines de mètres au cœur de la ville avec les applaudissements. Comme souvent, j’aperçois ma fille venue m’accompagner pour terminer à mes côtés, quel bonheur (même si elle voudrait courir plus vite que mes capacités restantes).

Je franchis la ligne en 9h49, classé 342ème sur 1501 concurrents, 103ème sur 422 dans ma catégorie.

Un peu plus de 200 abandons et hors délais.

A l’arrivée, comme pendant toute la course, l’organisation est parfaite, cette course est une belle réussite pour moi et en général, vraiment à faire ou à refaire.

Merci à Vincent dit Milkil pour ses précieux conseils et son aide, cela a grandement aidé à la réussite de cette course.

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