177km trail du Morbihan : chaud chaud chaud !

177km trail du Morbihan : chaud chaud chaud !

Je m’appelle Brahim, je viens de l’Est de la France en Alsace.

Voici le récit de ma longue ballade à Vannes pour le 177 km du Morbihan.

Toute bonne course se prépare ! Du coup à la fermeture du sac la veille, je me suis dit : c’est bon, j’ai rien oublié.

Vint enfin le jour de la course pour moi : lever à 7h pour me préparer après avoir englouti une dernière portion de pâtes, je me dirige vers la gare pour mon train.

Une fois sur Paris, j’ai une correspondance à la gare Montparnasse, ayant 1h au départ, je me suis dit "Cool, pas la peine de speeder", mais arrivé devant un panneau du métro, je me rends compte que ça faisait déjà 20 min que je flânais. Dans le speed, je monte dans le métro pour me rendre compte deux arrêts plus tard que ce n’était pas le bon ?

Sur tout le trajet, je jettais un œil sur ma montre, pour voir les minutes s’égrainer plus rapidement que le lent passage des stations, il est déjà 10h40 quand enfin je descends du métro, je commence donc une longue course avec mon sac surchargé et une chaleur étouffante.

Enfin, quand je trouve mon train, je monte et la porte se ferme, je l’ai échappé belle. Je m’assois et laisse retomber la pression, j’ai vraiment eu chaud et il fait très chaud. Alors que le train file vers Vannes, je me pose et récupère un peu de cette mésaventure.

13h20, le train arrive en gare, il est très rempli et la plupart des personnes sont des coureurs. Je marche donc vers le port, mais c’est une fois proche de ce dernier que je me rends compte à quel point il était loin, environ à 2 km de la gare. Le soleil frappe déjà très fort et c'est encore pire avec le sac chargé, heureusement qu’il y a des roulettes sur ce dernier.

14h : enfin sur place !

Après une rapide visite de la place, je récupère mon dossard et mon lot puis passage à la gendarmerie pour qui je cours et où il me donne un petit colis cadeau.

Après une pause pour me restaurer, je vais enfin au stade où se trouve les vestiaires, douches et autres.

Dans le vestiaire, j’ai tout le loisir de constater, malgré mon sac de guerre, que j’avais oublié des choses importantes comme lunettes de soleil, une casquette, ma seconde flasque et surtout une tenue de rechange pas trop lourde vue la température.

Soit, je finis de me préparer avec ce qui sera mon short pour le weekend. Une fois sorti de là, je vais à l’endroit où déposer les affaires de rechange et là personne, seulement des chariots vides avec des numéros sont là, seuls sans surveillance. Je dépose mon sac de rechange et repars par très confiant pour déposer le reste de mes affaires et là, encore pire, on dépose nos affaires dans des tribunes sans surveillance à ciel ouvert.

N’ayant plus trop le choix après une longue hésitation où personne ne daigne venir, je laisse enfin ce dernier et vais m’allonger un peu pour me reposer.

16h45 : je me réveille et sors du hammam. Vu la chaleur, c’était ce à quoi ressemblait la tente de repos, et me dirige vers le départ : il fait tellement chaud que je transpire de chaleur sans faire d’effort.

Après une rencontre avec Yann, avec qui j’échange un peu, je prends quelques photos.

Direction l’autre rendez-vous et le groupe Marathon Addict où l’on discute de courses et de nos différentes stratégies. Bonne occasion pour moi de constater que je n’avais pas fait de road book, ni même de stratégie. Après réflexion, je me dis que la stratégie du jour sera "tu cours, tu cours, et tu cours, et si tu es fatigué, eh bien tu fermes ta gueule et tu cours". Second objectif : finir et passer la ligne avant 30h !

Après la traditionnelle pause pipi, on se dirige enfin vers le départ.

Quelques nuages nous donnent de l’air mais la chaleur est toujours aussi pesante : il doit bien faire 30°C, je sors mon téléphone histoire de prendre en photos les héros de la soirée.

Puis je filme le départ pour partager ce moment avec mes ami(e)s. Après une attente insoutenable, le départ est enfin donné.

La foule massée de part et d’autre est très nombreuse et ça a une conséquence. J’ai beau freiner des 4 fers, je suis quand même lancé à pleine vapeur surtout que l’encouragement me porte. Alors que je quitte les quais, j’entends les encouragements de Yann et Hervé qui courent le 52 km le lendemain.

Les premiers kilomètres ne me rassure pas, le sol est dur, sec, l’air est très chaud, limite étouffant. J’espère que le parcours ne sera pas comme ça tout le temps.

Après quelques km, je me rends compte que, malgré la chaleur et le sol dur, le parcours est plaisant vu que l’on passe le long de la baie.

Il y a beaucoup de vacanciers et personnes qui sont là, la vie suit son court, certains encouragent, d’autres que j’envie nagent, bref la vie est belle.

15 km : je file à toute allure et me voilà déjà devant le premier passage où l’on est obligé de se déchausser pour traverser. Je m’exécute rapidement et trouve l’eau assez bonne : au début, c’est agréable mais très vite les rochers qui écorchent les pieds te ramènent à la réalité, on est là pour en chier.

 

Une fois de l’autre côté, avant de rechausser, une spectatrice me donne de l’eau afin que je puisse enlever le sable sur mes pieds. Alors que je rechausse, beaucoup de concurrents qui sont passés sans enlever leurs chaussures me doublent. Ca a le mérite de m’énerver et cette chaleur qui retombe pas ou peu.

17 km : premier ravito à Arradon, j’enlève mon gobelet pour boire, on me le remplit et la St Yorre est chaude et donc imbuvable. Plus loin des personnes sont énervées contre les bénévoles qui refusaient de donner les bouteilles afin de remplir leurs gourdes, ils avaient eu la curieuse consigne de ne laisser aucune bouteille et de tout  remplir eu-mêmes à raison d’un gourde maxi par personne, aberrant au vu des températures ! Les compotes sont aussi restées au soleil donc chaudes, tout comme tout ce qui se trouvait sur cette petite table.

Je repars donc sans remplir ma gourde car pour avoir de l’eau chaude, ça ne le fera pas trop, et je ne regrette pas vu le nombre de personnes que je trouve en train de dégueuler après ce ravitaillement.

Le soleil se couche doucement, avec lui la température baisse aussi, il ne fait plus que 25°.

Les kilomètres s’égrènent rapidement, dans ma tête, je me dis "si j’avance avec pour objectif 1h30 au 10 km, ça devrait faire quelque chose de bien". Le sol est toujours aussi dur. Au 20ème km, je suis déjà sûr que le choix des trails n’était pas le bon pour ce parcours, car c’est plus une course route et sentier que trail et la principale difficulté repose sur les relances incessantes. 

17ème km, déjà un coup de mou, je suis plus aussi fier qu’avant et l'eau que j’ai bu au ravitaillement me fait mal à l’estomac. Je suis plus aussi fringant qu’au départ.

19 km : j’avance entre des phases de relance où je tape dur et file comme le vent et de longues phases où je marche. On est devant un passage d’eau, cette fois je n’enlèverais pas mes chaussures, l’eau monte plus haut cette fois, elle me va presque aux cuisses. Ce passage est sablé contrairement au premier, si bien que je me retrouve avec du sable plein les chaussettes. Moi qui ne voulais pas enlever les chaussures,  je me retrouve quand même à les enlever pour enlever le sable.

28km : assez vite après, on est au second ravitaillement, et là…. Bien rien, une table avec quelques pâtes de fruits et un point d’eau où je remplis ma gourde et mon sac. Avant de repartir, je ne suis pas au top et alterne marche rapide et course. Après avoir utilisé une de mes gourdes, je relance enfin. Objectif ravitaillement dans 6 km !

35ème km : enfin le ravitaillement qui est bien achalandé, avec de l’eau froide, du coca frais et tout et tout. Je m’arrête un instant pour m’asseoir car avec la chaleur, j’ai comme un coup de chaud. Impossible de manger, j’ai des nausées.

Il me faut bien 5 bonnes minutes avant de reprendre mes esprits et me ravitailler enfin. Cette pause me fait du bien mais je décide de repartir pour ne pas trop m’éterniser. L’objectif est maintenant de faire un maximum de km dans la nuit qui sera plus fraîche, afin d’éviter la canicule du samedi après-midi.

Je repars donc mais ça se passe pas comme dans ma tête : les jambes sont moins biens, j’ai un mal fou à relancer et suis forcé d’alterner les marches rapides avec de petites phases de course. Le plus douloureux reste quand même ma plante des pieds où le sable du dernier passage dans l’eau a provoqué des ampoules. Frontale sur la tête, je repars donc à l’assaut des km avec le ravitaillement suivant comme point de mire.

48 km : encore en mode grosse merde qui veut pas avancer, ou qui peut pas avancer, j’hésite même à regarder ma montre tellement c’est frustrant. Il ne fait pas loin de 23°, ça ne doit pas trop aider mais sachant le ravitaillement pas loin, je me remets à galoper, du moins sur un km. Comme je ne vois pas arriver le ravitaillement, je suis très vite démotivé.

52 km : enfin le ravitaillement ! Je vais pouvoir me poser, manger et récupérer. Après une longue période à rien faire, enfin je me dirige vers le bénévole pour récupérer un plat de pâtes sans la moindre trace de sel. Le fait d’avoir faim aide beaucoup, je le mange sans faire mon chipoteur. Après avoir bien pris mon temps et voyant que je commençais à trembler de froid, je me suis enfin relancé direction Crach pour le ravitaillement suivant.

Alors que je courais dans la nuit noire, une magnifique lune nous éclaire. Ce qui me plaisait particulièrement, c’était la génerosité des riverains qui n’hésitaient pas à nous remplir les gourdes sur le parcours. Malgré l’heure très tardive, on trouve souvent des personnes qui se balladent ou en terrasse à siroter des boissons.

Plus loin, je vois un groupe que je rattrape : ils pratiquent le 10/5 (10 min de course pour 5 de récup), j’irais d’ailleurs avec eux jusqu’au ravitaillement.

68.2km : le ravitaillement. Ca se voit à la table que je suis dans le ventre mou des coureurs car elle est de moins en moins bien achalandée. Pas grave, je prends le temps de remplir ma flasque et repars direction embarquement à 14 km.

Une fois de plus, je suis en dents de scie entre les périodes où je cartonne et celles où j’avance plus. J’ai de la chance, le groupe qui faisait 10/5 me rattrape et du coup, je profite de leur expérience pour avancer rapidement.

82.2km : après une ultime montée, nous arrivons enfin aux bateaux. Après avoir enfilé le ciré et le gilet de sauvetage, pas très esthétique mais bon, on va vers le petit bateau qui va nous faire traverser.

On y monte quand même à 10, du coup je suis très mal assis sur un morceau de fesse, une traversée inconfortable tellement d’ailleurs que je ne récupère même pas. J’en sors plus fatigué, moi qui voulais recharger ma montre durant la traversée, c’est râpé. Pire j’arrive en face avec la même autonomie.

Et autre inconvénient de la traversée : je sors du bateau avec un hoquet qui ne me quittera qu’une fois dans la salle à Arzon. J’ai tout essayé, rien à faire et plus j’avance, plus ce hoquet me déconcentre et attire mon attention. J’ai tout essayé mais rien n’y fait : les 4 km me paraissent interminables tellement ça me prend la tête. Tellement d’ailleurs que je n’arrive pas à me concentrer sur le paysage et le lever de soleil.

89 km : Arzon. Alors que j’arrive, je croise Pascal de Marathon Addict. Il a eu aussi beaucoup de mal et repars pour la suite de la course. Moi j’entre et cherche mes affaires, je ne sens plus mes pieds, ils sont enflés de partout. Je mets ma montre en charge puis direction la douche, l'occasion de constater que je n’avais pas pris mes claquettes.

Ça fait du bien, je suis tout propre et changé. Avant d’aller manger, je me dirige vers les podologues pour me faire traiter mes ampoules, c’est la première fois qu’on me demande ma pommade pour me soigner sur une course, je lui donne. Alors qu’elle me fait les bandages, je m’endors un peu. "Monsieur Monsieur", cette douce voix qui me tire de mon sommeil, me voilà soigné !

Mais je n'ai pas assez dormi, je me mets sur un lit et essaye de dormir encore un peu ,mais pas moyen, je suis en course, je veux en finir vite. Je me relève, direction la cantine pour prendre un plateau  de purée sans sel une fois de plus décidément. Avant de retourner à ma table, je demande un gobelet pour prendre de l’eau mais pas moyen pour ces messieurs. Les gobelets, c’est pour la soupe : j’ai beau leur montrer mon système Salomon, tellement inutile dans ces conditions, mais non, ils ne me donneront pas de gobelet. Après avoir insisté très longtemps, ils ont accepté de me laisser un fond de bouteille que je puisse amener à ma table pour manger.

Assis sur ma place, j’entends à gauche et à droite un nombre impressionnant d’abandons. Enfin, je finis mon repas et repars. Après une rapide réflexion, je me décide à repartir. Sans ça, je ferais partie des abandons. Il est déjà 8h16 : j’ai donc pratiquement passé 2h à ce point de contrôle. Quand je repars d'Arzon, le monsieur m’annonce qu’il y a eu 200 abandons à leur point de contrôle, je trouve ça énorme .

Tout nouveau, tout beau, du coup la relance n’est pas très difficile et bien vite, je retrouve un rythme de croisière, le changement de chaussures ainsi que le traitement des ampoules n’y sont pas étrangers.

Km 92 : j’ai très bien avancé sur cette portion et le soleil que je craignais en fin de compte n’est pas si violent. Je me ravitaille et ne tarde pas, étant en bonne forme. Un message de l’organisation me prédit une arrivée à 10h30. C’est top pour moi et pour gratter un peu plus, je mets le forcing sur mon allure.

J’avance donc comme ça sans réelle difficulté même si le soleil tape. On est dans de très grandes portions ombragées, j’avance presque aussi bien qu’au début jusqu’à arriver au point d’eau. Il me reste 8km pour le grand ravitaillement, j’en profite donc pour remplir mes gourdes, boire à volonté et me mouiller le crâne. A partir de là, plus de jus, comme si on m’avait coupé l’arrivée d’essence, le fait de me mouiller m'a cassé. Tous ceux que j’ai doublé me reprennent, je ne cours plus vraiment et me pose des questions sur ce qui m’arrive.

Je subis clairement en attendant que ça passe. Les minutes s’égrènent mais non ça passe pas. Même la marche m’est difficile. Au fur et à mesure que j’avance, je vois des personnes allongées pour récupérer ici et là, moi je me dis : "Allez, va au prochain ravito, tu dors", je m’accroche à cette objectif.

Le soleil tape, il cogne. Chaque passage hors d’une zone d’ombre est une punition où je sens tout mon corps en feu.

Après m’être assis un long moment, je me relève et repars. Une dame sur le chemin m’annonce ravitaillement à 4,5 km. Dans ma tête c’était 2 km, c’est fou ce que ça peut être dur psychologiquement ce genre de moment quand on est dans le dur. Je cherche des choses qui me feront avancer, musique, message des amis, pensées positives mais rien n’y fait. On dirait un bourricot qui prend son temps. Je me dis "regarde le paysage", mais non, le bleu me saoule et la mer ça pue. Oui je suis dans le dur et m’accroche comme je peux. Et le plus violent c’est que je me retrouve à avoir à nouveau un putain de hoquet…..

121 km : je suis tellement épave que je sais même plus, on revient enfin dans la ville de Sarzeau. Je vais me prendre un duvet direct là. C'est bizzare mais les personnes à qui on demande donnent des distances différentes et au fur et à mesure qu’on avance, les distances augmentent : le premier spectateur nous donne 500 m, le second 600 puis 300 et de nouveau 500 : autant de coups de couteau qui torturent l’esprit en plus du hoquet.

Sarzeau : la salle est bouillante car pas ventilée, mais c’est le dernier de mes soucis. Mes jambes me mènent direct vers un lit. Après avoir enlevé mes chaussures, je m’endors : au bout de 15 min, le réveil de mon tel sonne, je trouve que ça ne suffit pas et remets de nouveau une autre dose de 15 min au réveil.

C’est toujours pas ça mais je me force à me relever complétement patraque.

Je récupère une assiette de purée et vais m’asseoir pour manger mais pas moyen : la chaleur étouffante de la salle m’assomme encore plus. Il me faudra encore 10 bonnes minutes pour enfin pouvoir m’alimenter. Le bénévole me donne un fond de bouteille sans trop chipoter, ce qui me permet de manger et boire frais à ma place. Alors que je me prépare à partir, la bénévole dit : "on a plus de St Yorre, les prochains ça sera à l’eau". Je trouve ça pas très pro de leur part vu le nombre d’abandons et le nombre de ravitos sauvages, qu’ils se retrouvent déjà en pénurie, il y a un gros problème d’après moi.

Et direction l’avant dernier ravito ! En sortant, je constate que, comme sur le précèdent, c’est une hécatombe de coureurs et d’abandons. Quoi qu’il en soit, la sieste a été réparatrice et je peux repartir après une marche de plus en plus rapide. Moi qui pensais que ça taperait pas, la température doit être au moins à 35° et pas d’ombre. On passe dans une zone en plein cagnard, mon crâne est tellement chaud qu’on pourrait y faire cuire un œuf. Et ces longues portions de goudrons renvoient toute la chaleur, c’est comme si j’étais dans un four à cuire en haut et en bas .

J’avance et déjà 16h : le match a débuté, je ne pourrais pas le voir mais on est bien informé par les vacanciers ici et là. 1-0 pour la France, plus loin 1-1, ouuuuh c’est chaud, limite je me dépêchais pour trouver du monde et savoir si des buts étaient marqués.

Puis un photographe m’annonce 2-1, j’enrageais, je me demandais ce qu’il s’était passé et là plus rien, plus personne, pendant 5 bons km et quand enfin on me redonne le score, c’était à l’approche du ravitaillement, 4-2 : ouf j’ai fait une belle portion du parcours et la France a gagné. C’est finalement une belle journée !

4 de plus, ils sont 4 de plus à abandonner à ce ravitaillement. Nous sommes au km 136 mais les pauvres ne pouvaient plus continuer. Après avoir récupéré un peu, je ne tarde pas, je repars accroché à un groupe de coureurs. La sortie de ce stade est d’ailleurs très dure, plus qu’ailleurs le soleil tapait et au ressenti, j’avais l’impression d’avoir au moins 40°.

J’avance à nouveau assez bien même si je ne supporte plus cette odeur de mer qui pue et ce paysage qui m’a largement saoulé. Plus dur, quand on n’a pas la mer, bien c’est la bouze des champs de vaches que l’on sent.

Alors que j’arrive au 145ème km, les premiers du 52km me doublent à toute blinde. Je me pose des questions : si j’avais été en forme, j’aurais pu les accrocher ? Au top, ils nous encouragent et nous permettent d’avancer, je surkiffe cette solidarité.

On avance bien en rythme à suivre plusieurs coureurs du 52. A notre rythme, on court pendant plusieurs km les uns derrière les autres. Quand arrivé au milieu d’une clairière, le premier s’arrête et nous dit : "heuu ce n’est pas le parcours, je voulais poser une commission".

On fait donc tous demi-tour en rigolant, ce petit moment nous fait oublier tous les moustiques qui sont en train de nous déglinguer. Je ne compte même plus le nombre de piqûres. J’avance à nouveau en mode alternance en voyant mon objectif de finir avant minuit s’éloigner.

1547 km : grâce aux encouragements, j’arrive enfin au dernier ravitaillement où je ne tarderai pas, je range ma casquette et ressors la frontale que je n’avais d’ailleurs pas rechargée, pensant que j’en aurais plus besoin, et repars à l’attaque des 22 derniers kilomètres.

C’est quoi 22 km ? un semi-marathon ? J’en ai fait tellement des semi ! Les premiers kilomètres se passent très bien. Par la suite, ça se corse. Quand il me reste que 10 km, je suis à nouveau dans ma période Brahim la bouse : plus de jus, plus rien qui me fasse avancer, les encouragements n’y changent rien.

172 km : je suis bouffé de partout, les moustiques m’ont déglingué, j’en ai marre, mais marre de ce trail, et encore des relances et encore des moustiques et ça pue la mer. Au loin je vois des lumières, j’espère juste qu’il s’agit de l’arrivée, mais non c’était une blague, l'arrivée se trouve plus loin.

174 km : on est de retour en ville, je repars et 2 km, c’est rien, je file comme je peux. On sent bien qu’il va pleuvoir, moi tel un forcené, je lance, relance, m’arrête, repars.

175,6 km : je vois au loin l’arrivée, la foule est massée de manière compacte. J’avance maintenant très bien : dans mon malheur, je percute des personnes qui n’en ont rien à foutre du fait que des personnes courent.

Enfin j’y suis ! Dans ma tête, toutes les souffrances sont passées,  je pense aux personnes de Décathlon Hautepierre qui m’ont suivi dans ce projet.

 

et l'asociation que je supporte : 

Puis toutes celles et ceux qui m’ont encouragé et suivi et me dis "Oui tu l’as fait !!".

A peine passé la ligne d'arrivée, je me dirige vers une chaise vide où je reste assis en attendant que Sébastien passe me voir. C’est d’ailleurs le moment où il s’est mis à pleuvoir des cordes, comble d’une course où j’ai eu chaud pendant deux jours pour avoir la pluie à la fin.

Après avoir récupéré mon gilet finisseur, je sors de là-bas et alors que la pluie est battante, mes jambes ne me portent plus. C’est Sébastien alias Talembie qui me soutient pour me rentrer dans le gymnase où je m’allonge. Il a pu me récupérer mes affaires. Après l’avoir remercié et changé de tenue, je me suis allongé et je voulais m’endormir, j’avais plus de stratégie, plus de chrono, juste envie de me reposer.

Après 3h de sommeil  je me suis enfin décidé à aller prendre ma douche. La pluie tombait toujours et à l’extérieur, comme la veille, nos affaires étaient posées dans nos sacs noirs sous la pluie.

Après un autre passage chez le podologue, j’ai lentement refermé mon sac puis j'ai mangé et partagé un peu avec Yann qui venait de finir sa course et qui paraissait très marqué par ce qu’il venait de faire.

Avant de repartir, j'ai quand même pris le temps de prendre une photo.

Après tout ça, ce fut le retour à la maison comme un héros où je me suis enfin décidé à couper le bracelet de course.

Je m’appelle Brahim, je viens de l’Est de la France en Alsace et je suis allé en Bretagne pour venir à bout de ce trail qui a l’air si facile sur le papier mais tellement difficile en réalité avec en prime un chono de moins de 30h !

 

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