Trail du Grand Ballon : A la découverte du Trail Business

Trail du Grand Ballon : A la découverte du Trail Business

Je m’appelle Brahim, je viens de l’Est de la France en Alsace, comme je vous l’avais déjà raconté, je me suis lancé dans un objectif de fou en fin d’année, faire l’ultra trail de la Réunion.

Jetez un oeil ici si ça vous dit !

Pour se faire, il me fallait absolument faire 2 courses classées à 85 pts, ayant déjà fait l’ultra trail du Haut Koenigsbourg, je suis parti en quête d’un autre trail dans le coin qui réunissait les critères.

C’est comme ça que je suis tombé sur l’ultra trail du Grand Ballon, seconde édition.

C’était à deux heures de chez moi, ça m’arrangeait du coup.

Avant ça, j’ai eu la chance de signer un partenariat avec Décathlon Hautepierre, ce qui m’a permis d’avoir un équipement de qualité.

Je reviendrai d'ailleurs plus tard sur le test de ces produits.

Le départ était très tôt (6 h du matin), je me suis réservé un lit dans une auberge à même pas 100 m du départ.

Après avoir géré un match, je suis arrivé sur place à 23h. Pour ne pas faire de bruit, je décide de laisser le matos dans la voiture et juste monter dormir.

Le matin, 5h15, je me réveille en me disant que je suis proche du départ, ça va le faire. Direction l’autre entrée de l’auberge pour récupérer le dossard, un regard sur ma montre m’indique qu’il est déjà 5h30, il va falloir se dépécher !

On est bien loin des stands de Paris, ici, uniquement 4 personnes avec pour cadeau, un buff pour tous. Quand je récupère le dossard, j'espère avoir un beau lot à l’arrivée.

Après un rapide arrêt au stand, je pars vers ma voiture pour me préparer.

Je ne sais pas ce qu’il se passe mais je n’ai jamais vu le temps filer aussi vite

Je me vois encore regarder ma montre et là, 5h55, quand je finis de fermer mon sac je file à l’arrivée le temps de prendre deux photos


Et là j’entends un gars dire à voix haute: "départ dans 1 min".

Je suis pris de panique et me rends compte que j’avais les lacets défaits.

Je me baisse pour les faire et quand je commence le second, le départ est donné, je vois le long groupe partir, je me dépêche donc et me lance parmi les derniers de la course.

Après 200 m, je me suis enfin rendu compte que ma montre n’était pas activée, je la lance, même pas fait attention que j’étais en mode course, pas grave !

Les premiers km sont très bons vu qu’il s’agit d’une longue descente de plus de 7 km.

Un moment, on se retrouve au-dessus de la brume, c'est tellement beau que je suis obligé de prendre des photos ! Dans la foulée, on continue et se retrouve en dessous.

Je file à vive allure ! Tellement vite que je rate une flèche (il n’y a aucun signaleur, que des flèches jaunes) et continue tout droit, ce sont d'autres coureurs qui nous font remarquer qu’on se trompe, bien sûr ça ne sera pas la seule fois !

Enfin, en bas c’est là que les difficultés commencent : une monté de 700 m de dénivelé sur 7 km, je tends le bras, sors les bâtons vite déployés et j’avance.

Clairement, je ne suis pas bon sur les montées, je les subis bien trop souvent, il faudra vraiment que je les travaille.

Cette première partie de parcours est composée en très grande partie de single tracks et on en prend plein les yeux tellement c’est magnifique !

Tellement beau que je fais une chute au 9ème km par manque de concentration, je me suis simplement écorché, il faudra que je sois plus vigilant si je ne veux pas avoir pire.

La  montée est vraiment très dure et quand je vois au loin le premier ravito, je suis bien content car la cuisse avait déjà beaucoup souffert.

Au ravitaillement, une seule personne gère tout, pour l’eau, c’est à nous de nous débrouiller. Pour le salé, c’est chips et quelques pains d’épice, une bouteille ou deux de coca, je ne me précipite pas et prends mon temps pour remplir mes gourdes, enlever la veste pour la ranger.

Et c’est reparti, on attaque une nouvelle descente sur 3 km presque 500m de dénivelé, je suis au taquet surtout qu’il y a de la route ! J’ai quelques douleurs au niveau des appuis mais bon ça passe. Durant ma course, je rencontre un monsieur qui s’est perdu, le pauvre était au 26ème km alors que moi j'étais au km 18, il était en panique, je le laisse donc dans ses recherches et continue ma descente.

Déjà fini la descente que je dois relancer sur une grosse bosse, au début ça va, elle ne pique pas trop, j’alterne donc marche et course à l'aide des bâtons quand enfin j’arrive là où ça se gâte (c’est sûrement à cet endroit que le coureur s’est planté, au lieu de tourner, il a continué tout droit).

Pendant la montée, je suis au bout de ma vie à plusieurs reprises, j’en profite pour en prendre plein les yeux et pour faire des photos.

Ouf après une toute aussi longue et dernière montée, on attaque une descente, je lâche donc à nouveau les chevaux et file tellement vite que je loupe un virage et me retrouve paumé à nouveau, ça a le mérite de bien m’énerver surtout que je dois remonter sur 500m et que ça pique.
Quand enfin, je retrouve les flèches, on attaque à nouveau une montée. Avec le soleil, j’ai plus de jus et j'attaque donc plus lentement. J’ai l’impression de trainer toute la misère du monde sous mes pieds.

Un coureur m’annonce qu’on en aura un au 37ème km et qu’après la montée, on a une belle descente.

L'idée de me poser pour manger mon casse-croûte me motive pleinement, d’autant plus qu’on est en descente du coup je mets le double turbo.

36ème km enfin en bas, un regard sur ma montre m’indique que je suis presque à ce fameux ravito j’ai tellement hâte d’y être mais le plus dur commence une autre ascension..

Ce qu’il y a de bien avec ce trail c’est qu’on passe par tous types de terrain : la forêt, les pierres et là on attaque l’ascension le long d’une cascade. Les pierres humides glissent mais les chaussures font le travail, j’ai une très bonne adhérence et la montée prend au moins 2 km.

29ème km, on est enfin en haut et attaquons une petite descente, la montée était tellement longue que je suis pris de crampes musculaires sur les deux cuisses.

Impossible de courir, je marche comme un cowboy ; un coureur me donne de la sportéine et me dit : "T’inquiètes le ravito est plus bas".

Enfin, on est presque au 40ème km quand enfin j’aperçois le fameux ravito.

Une fois de plus, ce n’est  pas le grand étalage, pas de salé que des riz au lait, du pain d’épice et haribo.

Pas de salé, je m’assois donc et sors mon sandwich que je mange en prenant mon temps puis sors des tucs, en mange quelques un et laisse le reste du paquet au ravito pour d’autres coureurs.

Avant de repartir, je lis un panneau qui indique que le prochain ravito est au 52ème km avec une limite horaire de 14h45 bon ça me laisse plus de 2h30 pour faire 12 km ça devrait le faire largement.

Je repars donc à l‘assaut de ces montées, c’est très long mais j’avance à nouveau surtout que j’ai mis la musique.

Une fois en haut, on n’arrive pas loin du Markstein, lieu du départ, c’est devant un paysage magnifique à couper le souffle, les photographes sont à l’affût pour des prises de vue.

Du coup je passe devant une photographe, m’arrête pour refaire une photo avec l’arbre de vie. J’ai beaucoup de mal à le faire, mais une fois réussi je me retrouve bloqué par des crampes aux deux pieds, impossible de repartir.

5 bonnes minutes me seront nécessaires avant de pouvoir relancer sans oublier que j’ai de la chance, ça ne grimpe pas et le parcours est juste un peu vallonné, nous revoilà enfin sur le Markstein, le paysage est toujours aussi magnifique ! On ne passe pas loin du départ et repart en descente il y a bien quelques personnes qui ont déjà fini leur autre course qui passent,  mais personne de l’organisation.

Et là on redescend une fois de plus, le marquage laisse vraiment à désirer et toujours aucun signaleur pour le chemin ; on se retrouve à traverser une rue sans aucune indication, seule une flèche sur un arbre nous montre que c’est le bon chemin, pire après, la traversée de la route ouverte à la circulation ! On doit passer par-dessus une barrière de sécurité pour continuer le parcours.

Ça m’a tellement énervé d’enjamber cette barrière que je me suis à nouveau retrouvé bloqué par des crampes, là c’est une autre personne qui m’a dépanné en sel (effet placébo ou pas), je peux enfin repartir et c’est l’essentiel.

Une fois en bas, on passe près d’un lac, je me dit que j'y ferai bien un petit bain !

Mais je n'ai pas le temps car après une longue descente de 3 km, on attaque à nouveau une longue montée qui pique beaucoup.

Je n’ai plus de jambes, j’avance plus, je jette un oeil à ma montre mais le temps ne passe pas, je suis en totale perdition et peux rien faire pour relancer.

Beaucoup de coureurs me demandent si ça va et me proposent des ravitos c’est sympa.  

50 km, encore 2 km et j’ai le ravito. Je n’arrive toujours pas à aller vite alors qu’un regard sur ma montre me fait peur, il me reste 30 min pour 2km.

52 km toujours pas de ravitaillement et les secondes s’égrainent. J’ai beau me relancer, je suis toujours en retard, 53 km toujours rien, je deviens fous, la peur d’être éliminé après tout ça m’envahit. On est dans une sorte de grande clairière, je demande à des coureurs, ils m’annoncent 800m, ma montre indique qu’il me reste encore 5 min pour arriver au ravito.

Je m’accroche donc et lance mes forces dans la course, je ne sens plus mes jambes certes, mais la peur de la barrière me pousse à me surpasser.

400m au loin, j’entends le speaker dire "allez messieurs, on s’approche de la barrière horaire, dépêchez-vous si vous ne voulez pas être éliminés ».

Je cours, je sprinte, je m’accroche comme un crevard et passe la barrière 14h45min 26 secondes ! Pas le temps de souffler, je mange quelques pains d’épice de mon sac, je sors des bretzels.

A ce ravito, une seule personne une fois de plus, plus loin se trouvent les fameuses douches payantes.

Je range les bâtons et c’est reparti pour la dernière partie que je prévoyais descendante mais non elle grimpe. J’ai donc tout le loisir de regarder les vaches en mode repos.

56ème km, je croise des coureurs malheureux qui se sont paumés sur le parcours, le premier était à 83 km de course, le second 74km. Vraiment ce manque de marquage précis ou de signaleurs est un problème.

57ème km, on descend enfin, je lâche les turbos, je suis moi-même impressionné de mon allure et les chaussures ne bronchent pas, j’ai une très bonne adhérence, je reprends un nombre considérable de personnes mais je sais très bien que les 800m de dénivelé en descente, je vais devoir les faire en montée après.

62ème km, dernier ravito ! Descendre m’a donné des ailes, je profite du dernier arrêt pour bien manger et boire et c’est reparti.

Après à peine 500 m, je me retrouve à nouveau en mode grimpettes et là c’est vraiment dur, faudra vraiment que je travaille mon mental, j’avance lentement mais j’avance.

64 km, ma montre indique 65km, enfin pas grave, il ne me reste plus grand-chose pour finir mais la pente pique vachement, on prend 700 m de dénivelé en 5 km sans cesser de monter, je suis dans l’obligation de puiser dans mes ressources pour avancer.

Tellement fatigué que je me retrouve à faire des câlins aux arbres.

J’ai assez trainé, dans un ultime effort, je réunis mes dernières forces et avance d’un pas soutenu.

Enfin je vois au loin l’arche d’arrivée.

Dans un ultime effort, je grimpe les dernières marches qui nous mènent enfin à l’arrivée.

Là, un speaker, des photographes et quelques membres des famille des coureurs sont là pour nous féliciter, mais rien d’autre pas de médaille, pas de souvenir, rien.

Je me dirige vers le ravito, pas de coca, on trouvera que des gâteaux au riz et de l’eau en citerne.

Ça me désole vraiment je repars donc vers ma voiture où je me nettoie vite fait avant de reprendre la route.Les douches étant payantes et à plus d’un km du départ, je n’étais pas motivé pour y aller.

Cette course était magnifique, elle m’a permis d’obtenir les points manquants pour ma diagonale, j’ai découvert la peur d’être éliminé par la barrière horaire, j’ai appris sur ma mauvaise gestion du départ et de mes ravito. J'ai donc beaucoup appris mais d’un autre côté, cette course n’est pas pour moi !

Je m’appelle Brahim, je viens de l’Est de la France en Alsace j’ai enfin pu découvrir ce qu’est le trail Business, c’est un trail où j’avais l’impression que les organisateurs faisaient juste une course pour se remplir les poches. 

Et à ce compte, vaut mieux donner à une association qui ne se mettra  pas les sous en poche comme "Les amis de Mikhy"

 

 

 

 

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