Strasbourg 2017 - Le semi subi

Strasbourg 2017 - Le semi subi

SEMI MARATHON DE STRASBOURG 2017

Tout a commencé par une course contre la montre... Le départ du semi est à 8h50. Ok c'est bien pour ne pas avoir trop chaud, mais quand on a la chance d'habiter dans les champs à plus de vingt bornes de la Ville et que le même jour il y a les portes ouvertes au Parlement européen, les puces à Quatzenheim, et pas de chauffeur pour me « jeter » pas très loin du départ, il faut prévoir large au niveau du timing.

Je me suis donc levée comme les coqs, à peine le jour se levait... ou presque. La nuit a été agitée, pas tant en raison du stress de la course, mais plutôt à cause de cette organisation temporelle un brin galère. Heureusement que j'ai tout bien préparé la veille, y compris ma tenue de combat et mes chaussures de compèt'. Et rien que ça ne fut pas chose facile, puisque, au cas où, j'ai choisi de porter le maillot de « mon » club et cette petite chose ne va avec aucune de mes baskets... Diantre ! Je ne vais pas être à mon avantage si par pur hasard je suis prise en photo. Mais face à l'efficacité, l'esthétisme ne fait pas le poids mes chers amis. Cristina Cordula serait horrifiée de voir tant de couleurs différentes rassemblées sur une seule tenue, et je ne pourrais pas prétendre au titre de « reine du shopping », mais tant pis !

7h50 je décolle avec ma Wonder Twingo. Direction Strasbourg et ses petites rues, qui je l'espère, ne seront pas déjà prises d'assaut par la foule endiablée des coureurs. « Pitié, faites que je n'ai pas à tourner pendant des heures pour trouver une place de parking ! »... Ce ne sera pas des heures, mais quand même de longues et interminables minutes, avant de trouver un bout de trottoir disponible à un kilomètre du départ. Ok, ça c'est fait, il me reste vingt minutes pour me rendre sur place, déposer mon sac au stand élite et dégoter un buisson pas trop fréquenté pour faire mon dernier pipi. Je cavale, je cavale... Au moins je me serais échauffée pour une fois. A peine le temps de faire tout ce que j'avais prévu qu'il est déjà l'heure de rejoindre le point de départ. Merdouille, me voici coincée bien loin de la ligne et du sas des élites. Je me faufile entre les concurrents, joue des coudes, supplie certains, et finis par me rapprocher à un niveau raisonnable. En même temps je m'en fiche, Caroline (El Himmer) sera bien loin devant et je ne viens pas pour battre mon record personnel. Je ne suis donc pas à quelques secondes près.

J'échange quelques mots avec Laura Seyler, salue des têtes connues, et voici venu le temps des rires et des chants... Ah non, c'est le temps des souffles et des pas. Bang ! La foule s'élance, dans un bel élan collectif, à travers les avenues strasbourgeoises. Je bataille pour m'extirper de la masse rugissante, trouve une place un peu en dehors des grappes humaines, et me concentre. Je dépasse Fred C. vers le 1er kilomètre et patiente jusqu'au 1er bip pour savoir à quelle allure je suis. 3'50... Mouais, c'est pas rapide-rapide comme départ, mais comme je vise 1h24 c'est toujours 10 secondes de gagnées pour la fin. Jusqu'à Pourtales je cherche un peu mes marques mais je trouve un rythme qui me convient. Dans la forêt, le revêtement moins roulant ne me permet pas d'accélérer mais je maintiens l'allure. Au 7ème kilomètre j'ai une minute d'avance sur le chrono que je me suis fixé. Mais je me retrouve coincée au milieu d'un groupe de mecs. Qu'est-ce que ça m'agace ces gens qui ne veulent pas me laisser passer, qui me bloquent et m'empêchent de m'exprimer comme je le sens. J'arrive toutefois à me débarrasser de ces machos vers les jardins ouvriers, et je peux enfin me concentrer sur mon rythme propre.

Le peloton s'est bien effiloché. Lorsque nous attaquons le Quai des Alpes, j'aperçois Karen, la compagne de Fred qui m'encourage. Cela me redonne un peu d'énergie, et je relance, d'autant plus que j'aperçois juste devant moi une féminine. "C'est qui celle là ? qu'est-ce qu'elle fait là ?" Bon ça ne doit pas être une alsacienne, en tout cas elle ne m'est pas familière. Je me cale derrière elle, jauge son état de fraîcheur, et hop je la passe. Il faut que je lui mette un vent tout de suite, sinon elle va penser qu'elle peut refaire son retard sur moi. Pas le choix je remets un coup d'accélérateur.

12ème kilomètre, Avenue de la forêt noire, un mec en tee-shirt bleu et en cuissard long arrive à ma rencontre : le beau Thomas, qui a l'amabilité de venir me donner un coup de main, et un peu d'allant sur les difficiles kilomètres qui se profilent. « Tiens le parcours a encore changé ! Où est-ce qu'ils nous emmènent cette année ?». Sympa le petit détour par le Parc de la Citadelle, mais cela occasionne virages, pavés, et petits coups de cul à donner pour ne pas perdre trop de temps... Fatiguant et ce n'est pas fini, puisque l'on rentre bientôt en centre ville, qui regorge de virages, pavés et petits coups de cul à doner... J'ai quand même passé le 14ème avec presque 2mn d'avance, donc : ne lâchons rien Mam'selle et continuons le combat. Thomas m'abandonne vers la cathédrale (une fois pris en photo... ), et après m'avoir gentiment trouvé un nouveau lièvre. J'essaye de coller à ce type qui a une allure similaire à la mienne depuis le début, mais je sens que la fatigue est bien là, et que je n'ai pas encore récupéré de mon marathon. Place Kléber, Place Broglie... Il commence à faire chaud.

Avenue de la Marseillaise, et déjà le 18ème. Il est pas mal ce parcours, je n'ai presque pas vu les kilomètres passer ! D'habitude, parvenue à ce niveau de la course, je relance. Mais aujourd'hui, pas moyen : les jambes ne suivent pas, et en prime, j'ai un début de point de côté. Impossible de respirer correctement avec des demis poumons. Je flanche... un peu, pas beaucoup mais je perds quelques secondes au kilomètre. « Allez courage ma fille, deux petits kilomètres et c'est la fin ». Je m'accroche, et surtout je décroche de mon lièvre qui file à vive allure. Satanée avenue, si droite, si longue... interminable. J'ai l'impression pénible de faire du surplace.

Encore un virage à droite, et il n'y a plus qu'à remonter l'avenue de l'Europe. Quelle chance, il n'y a même pas ces dernières fichues côtes à crapahuter cette année. Un finish plat, rêvé pour terminer au sprint, ... et pourtant il m'est impossible d'accélérer comme je le fais habituellement sur les derniers hectomètres. J'ai l'impression de me traîner, d'être d'une lourdeur de pachyderme ashmatique... Encore 100 mètres, 50 mètres, et voilà ! Un nouveau semi couru. Dire que mon tout premier était à STRASBOURG en 1h39 et qu'aujourd'hui je franchis la ligne d'arrivée en 1h23mn30s. Comme chaque année, je l'ai subi, mais le contrat est rempli. Je termine 2ème régionale, très loin derrière la gazelle Geuthertheimoise Caroline El Himmer. Ça m'apprendra à ne pas savoir renoncer aux plaisirs de la table : si j'étais aussi filiforme, elle ne me mettrait pas trois minutes dans le museau. Mais, puisque contrairement à moi, elle ne portait pas le maillot du club, j'ai l'insigne honneur de devenir Championne d'Alsace ! La bonne surprise du jour : comme quoi il faut parfois savoir renier les diktats de la mode et mettre de côté son image de marque !

Et maintenant, le plus grand plaisir de cette course : papoter avec tous les copains coureurs que je ne croise parfois qu'à cette occasion. Il fait beau, je traîne, je demande des nouvelles des uns, je congratule les autres, nous comparons nos chronos, nos impressions... Tout en trinquant à grands coups de rivella. Bref, je profite de ce bonheur simple de me sentir à ma place, bien dans ses baskets et entourée de gens qui me comprennent. Même Sveltana Pretot (Encore elle ! Me suit-elle à la trace?) daigne venir m'adresser la parole. Whaouh ! Grande journée !

Vous avez aimé cet article ? N'hésitez pas à le partager !

(Ça ne vous fera pas courir plus vite mais ça pourra faire des heureux -euses !)

J'aime Commenter

Plus d'Actualités Courses

Plus d'infos
  • A propos de l'auteur

15 commentaires

Questions & Réponses Courses

CHALLENGE Running Club

  • J'aime J'aime
  • Commenter Commenter
  • Proposer une actualité Proposer une actualité

En continuant à naviguer sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies afin d'améliorer votre navigation, et nous permettre de réaliser des statistiques de visites. Pour obtenir plus d'information sur les cookies, vous pouvez consulter notre politique.
Ok