Mon Marathon de Paris : jsuis chaud jsuis chaud !

Mon Marathon de Paris : jsuis chaud jsuis chaud !

Jsuis chaud jsuis chaud...Comme Zinédine Zidane face à l’équipe du Brazil, chuis en feu…

Voilà si je devais trouver une chanson pour résumer ce marathon de Paris version 2017, ce serait ce morceau qui tournait en boucle il y a quelques temps encore sur les ondes radios.

Et pourtant si être en feu sportivement signifie aussi "avoir la baracca" réussir tout ce que l’on entreprend, ici c’est le sens littérale des termes qu’il faut voir.

Chaud, très chaud.

Une préparation compliquée

Mais petit retour en arrière, début décembre, Saintélyon 2016, une première pour moi, une course magnifique, un peu de repos ensuite et puis on attaque le plan MAP 2017 objectif : 3h15/20 et c’est le début des problèmes….

En effet, une légère entorse sur la Saintélyon a engendré une problématique bien pire, lors de la deuxième sortie du plan (12 semaines à 4 sorties soit 48 ; le chemin est long encore), une grosse douleur au genou gauche encore, sur le côté cette fois me fait avorter la séance.

Le lendemain, sur du fractionné, aucune douleur en vitesse mais crissement de genoux en endurance. Je vous passerais les séances suivantes alternant entre rien, mal, bof mouais…..

Du coup ayant planifié un rendez-vous chez le podologue et ayant réussi à avoir un rendez chez le doc dans la foulée, j’en profite pour lui parler de ma douleur, je n’étais jamais allé chez un podologue et je dois avoué que celui-ci m’a impressionné, non seulement c’est un traileur confirmé mais j’ai appris que certain d’entre vous l’on surement croisé sur l’UTMB en temps que soigneur, mais qu’importe j’y allais pour un bilan j’en ressors avec un verdict (enfin non 3) ; deux problèmes de technique de course à pieds, pas trop mal sur le devant mais genoux venant trop devant (donc le genoux bloque au lieu de rebondir), manque de cadence et surtout une tête de péroné déplacé sur l’avant, cela lié à l’entorse que je pensais finie et ma mauvaise technique, diagnostique confirmé par mon médecin 1h après.

Bref, une fois tout cela remis en place et utilisant une bande ZAMST pour syndrome rotulien, afin de maintenir la tête de péroné bien en arrière pendant presque 6 semaines, lors des sorties courtes puis uniquement longues, en augmentant la cadence de foulée et en m’appliquant sur cette dernière je fini par ne plus avoir mal du tout.

Mais voilà, entre mon mariage, quelques weekends de noces, ma préparation est loin d’être carrée ( me collant même une semaine a deux sorties longues de 30km avec pas loin de 34 km sur les deux sorties à allure marathon), bref un vrai n’importe quoi, sans compter les séances non faites.

Bref c’est pas vraiment serein que j’aborde la dernière semaine, ou certes en vacances (mais avec les gnomes) les deux dernières sorties sont pourtant bonnes, mais voilà il va faire chaud dimanche, et qui dit chaleur de retour ici en région parisienne dit sortie du barbecue, rosé apéro bref tout ce qu’il faut avant un marathon ….

Et donc une nuit de samedi à dimanche dans le doute dormant mal très très mal…

Mon Marathon de Paris

Et nous y voilà, dimanche matin 6h, le réveil sonne, un petit dej copieux, le réveil de la famille , on se prépare tous, deux pauses wc, un gaviscon dans la tronche parce que les retours de côtes de porc à la provençale de la veille au soir, sont bof et nous voilà partis direction Panam.

Parking sauvage à coté de l’étoile un dernier bisous à la famille et je fonce vers mon SAS 3h15, il est 7h50, oui je sais j’ai foiré à quelques minutes le rendez vous kikou……

Arrivé au sas 8h05 comme l’année dernière gros bordel une entrée, 10 000 gus, alors on patiente, je pense à Bubulle en voyant un coureur avec un beau débardeur BOB l’éponge, et puis on entre dans le SAS, 8h20, la tension est palpable, un dernier petit pipi de la peur et je m’élance vers la ligne il est 8h28.

Les premiers km passent rapidement je cale mon allure sur 4’38/40 du km je profite de Paris toujours, de l’ambiance, je bois fréquemment car bien que 9h ne soit pas sonné il fait CHAUD déjà je trouve.

Mon rythme est bon, ma foulée ok, le cardio un peu haut mais je respire bien, on remonte vers Vincennes, le château, je reste dans la zone 4’38, 4’48 en acceptant de laisser filer des secondes quand ça monte.

Et puis la sortie du bois de Vincennes, une crampe au bide, puis une deuxième……merde c’est le cas de le dire faut que je m’arrête, aussi je profite d’être encore dans les bois (ne sachant pas ou sont les prochains WC sur le parcours) pour aller me soulager derrière un bosquet, et merci, au grand dieu de la nature, je bénis les marronniers et leurs feuilles larges.

Je repars soulager et tranquille du coup, je reprends bien mon rythme, bois de plus en plus, n’hésites pas à mouiller la casquette, la nuque,  les km défilent j’arrive au semi je me sens bien, puis le 22 ou je vois ma femme et mes enfants, une tape dans la main un bisous volant et hop ça va encore mieux.

Alors je profite toujours, autour de moi pourtant ça ralentit, les coureurs souffrent, certains marchent « déjà » d’autres tirent des crampes, et bien qu’il fasse chaud……Cela me surprend encore (sur estime de soi ou autre ???) bref on arrive sur les quais, la partie que je redoute avec ces remontées de tunnels.

Pourtant je gère à peu près bien, accepte de réduire la voile en montée, relâchant tout le corps dans les descentes, mais il fait de plus en plus chaud.

Et sur un point d’épongeage alors que je retire ma casquette pour la tremper, je fais voler mes lunettes, et la casquette temps qu’à faire, et bien sur au bout de 27 km, une chaleur croissante, l’effort, la fatigue, vous vous doutez bien que l’esprit aussi intelligent qu’il soit ce con vous ordonne d’essayer de regarder à deux endroits diamétralement opposés en même temps, et donc de vous casser proprement la gueule sur le bitume chaud…..

Et là vous prenez un claque, un coureur aide à me relever, je le remercie, je remets ma casquette sur le crâne en oubliant de la tremper bien sur, les lunettes sur le pif et je repars en essayant de rattraper les secondes perdues bien entendu (j’ai du perd au moins une gigantesque double poignée de secondes) bref comme un con, je repars à fond ou presque et ce qui devait arriver, arriva, un gentil point de coté apparait.

C’est vraiment là que j’ai commencé à me rendre compte de ma perte de fraicheur, mon rythme baisse doucement étant passé à 4’50/55 du km, les cotellettes sont des raidillons, le mur du 30 passe, mais je m’en fiche, ça commence à faire mal un peu partout, je mentalise positif, plus que 12 km c’est même pas une heure, ma famille me surprend a être là aussi putain que c’est rafraichissant de les voir.

Et là le 33ème km, et cette putain de montée digne du Rampeau (enfin à cette instant je préférais le rampeau) qui va me faire très mal, je brule, j’ai l’impression mentale de reculer, pourtant je sais que j’avance car je double encore, mais comme dans Matrix, je vois la scène en version « Bullet time » (si vous savez cette scène où il évite les balles qui font des ondes) bref c’est un carnage mentale.

Pourtant il faut tenir, moins de 10km, 45 minutes de cuisson, idéale pour une quiche comme moi qui a eu l’audace de défier le soleil, idéal aussi pour les raideurs dans les adducteurs

Bref on entre dans le bois de Boubou, je navigue toujours dans les 4’55/ 5 minutes du km, mais c’est de plus en dur, les pieds brulent, le souffle est chaud, et c’est long ce passage je le déteste, de longues lignes droites et on repart vers la fondation Vuitton, mais putain c’est moche ce truc, 41ème plus que 7-8 minutes, je sais que ma famille sera à l’extérieur du rond point, 42, j’accélère je les cherche, je les vois comme l’année dernière, alors je fonce, je tape dans les mains, ils crient, je fonce vers l’arrivée, je sers les dents, les cuisses sont dures, j’ai chaud, putain mais j’ai toujours aussi chaud, pourtant a cette vitesse subsonique le vent devrait me rafraichir, ou pas, et je coupe la ligne d’arrrivée ! 

3h23’34 temps officiel.

Je me pause un peu, je reprends mon souffle, je file au ravito, Jerôme me retrouve aux t-shirts, on discute, jusqu’à la sortie, on se sépare.

Je retrouve ma famille, toujours là au top.

On rentre, putain j’ai froid cette fois, ah ben oui tiens la clim c’est bien ça, pourquoi y a pas des clims pour coureur à la con sous le soleil, sérieusement.

Petit bilan, satisfait voir très satisfait de mon épreuve au final, un temps correct vis à vis de mon objectif, et surtout de la chaleur, mais je peux faire mieux, une prépa plus sérieuse, une diététique à améliorer et puis bon c’est que le troisième alors y a de la marge...enfin j’espère.

 

Jsuis chaud, jsuis chaud, car moi ce soir je suis en feu...

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